Et nue, je suis entrée dans l’eau, histoires de vermine
Chez Marie Pavlenko, les hommes sont comme ils sont : violents, violeurs, et pas mal idiots. Et mâles malheureux :
« Quand tu crèves la gueule ouverte, alors que tu bosses comme un singe au cirque, t’a pas le droit de péter un plomb ? »
Donc arrive ce qui doit arriver :
« Elles faisaient moins les malignes en tête-à-tête, je te le garantis, au secours, pitié, non, oh mon dieu au secours, il y en a même une qui a appelé sa mère, « mamaaaaan ! »

Heureusement, les femmes savent se défendre, même si elles sont larguées aux abords de la ménopause, Monsieur préfère la chair fraîche… Tel est le thème de la première des trois nouvelles du livre. On a droit à un tableau terrifiant des bouffées de chaleur, des crampes et écoulements divers qui nous donnent à entendre que, si on y ajoute les embarras de la grossesse et le traumatisme de l’accouchement, le destin de la femme, c’est la douleur… Heureusement la narratrice a des ressources. Et lorsqu’un homme qu’elle a emmené chez elle insiste jusqu’à la violer alors qu’elle ne consent plus, elle a changé d’avis, il est puni de la plus belle façon que je laisse découvrir au lecteur.
De même, la seconde nouvelle se termine par un magnifique coup de théâtre que je ne divulgue pas.
Le sort du troisième homme, dans la troisième histoire, n’est pas plus enviable. Mais le lecteur, la lectrice le découvrira par lui/elle-même : c’est un vrai bourrin ! Plus égoïste, grossier et vaniteux, tu meurs ! Sa victime, la pauvrette innocente, n’y est pour rien cette fois : le grossier personnage est la proie de sa propre bêtise, c’est bien fait !
Marie Pavlenko a l’écriture efficace, on ne s’ennuie pas. Sa vision caricaturale, en noir et blanc, renvoie peut-être aux quatorze livres pour la jeunesse qu’elle a publié : son style fait penser aux livres pour enfants.
Mathias Lair
Marie Pavlenko, Et nue, je suis entrée dans l’eau, Histoires de vermine, Rivages, septembre 2026, 96 pages, 14 euros
