La nouvelle vague coréenne, histoire d’un phénomène culturel

En 2012, le monde s’est mis à danser sur Gangnam Style du chanteur sud-coréen Psy, auteur d’une chorégraphie délirante. C’est peut-être là que beaucoup ont pris conscience de l’attractivité culturelle du pays du matin calme, capable de générer des modes. Au cinéma, c’est le succès du film Parasite qui a démontré le talent de Bonj Joon-ho, qui a remporté quatre oscars en 2020 : bref, la Corée du Sud joue dans la cour des grands en géopolitique culturelle et La nouvelle vague coréenne, écrit par Pascal Dayez-Burgeon est censé nous faire comprendre pourquoi.

Un pays qui va là où on ne l’attend pas

Il faut dire que la Corée du Sud revient de loin. La péninsule de Corée, colonisée par le Japon (qui a laissé un mauvais souvenir) a été coupé entre le nord communiste et le sud pro-occidental. Une guerre y a fait rage de 1950 à 1953 qui a consacré l’appartenance au camp occidental d’un pays devenu une dictature. La Corée du Sud est alors connue pour son industrie et ses conglomérats nommés Chaebol. La libéralisation des années 1980 et la crise économique des années 1990, quoique surmontée ensuite, a amené la Corée du Sud à miser sur le soft power culturel, via la musique et le cinéma, à un moment où Hong-Kong commence à décliner après le retour à la Chine après 1997. Et ça marche si on suit Pascal Dayez-Chaignon.

Un pays qui se révèle par son industrie culturelle

Cinéma, musique, cuisine ; la Corée du Sud exporte une culture prête à consommer tous azimuts. On y découvre un pays marqué par son histoire récente (les films de zombies comme Dernier train pour Busan sont une allégorie du conflit avec le Nord), les inégalités sociales (présentes dans Parasite), le consumérisme à tout prix aussi. Un culte du corps et de la beauté se dessine aussi avec ce qu’on appelle la K-beauty (n’en jetez plus !). On est au fond sidéré par l’impact culturel de ce pays dans la culture pop mondiale dominée (encore ?) par les Etats-Unis. Cela durera-t-il ?

Bon essai en tout cas.

Sylvain Bonnet

Pascal Dayez-Burgeon, La nouvelle vague coréenne, Perrin, janvier 2026, 320 pages, 21 euros

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