La saga des Romanov, histoire des tsars

Jean des Cars s’est imposé dans beaucoup de médias comme le spécialiste des grandes dynasties d’Europe. On lui doit ainsi des biographies de Sissi et d’Elisabeth II ainsi que des ouvrages comme La saga des Habsbourg ou La saga des Windsor. Il a aussi écrit et publié logiquement, La saga des Romanov chez Plon en 2008, repris en poche dans la collection Tempus chez Perrin.

Une famille marquée par le destin ?

Rien à dire sur le récit proposé par Jean des Cars, des premiers et obscurs représentants de la dynastie jusqu’au faible Nicolas II, on retrouve une galerie de portraits de tsars parfois très hauts en couleurs, comme Pierre le Grand, le modernisateur de la Russie, qui n’hésita pas à faire assassiner son fils. Ou Catherine II, l’allemande devenue tsarine qui fait assassiner son mari (on meurt beaucoup de mort violente dans cette famille), adorée de Voltaire. Sans compter Paul Ier, fils de Catherine II et de Pierre III, assassiné lui aussi après avoir conclu une alliance de fait avec Napoléon (qu’est-ce que je disais…). L’auteur a une excellente connaissance de l’histoire de cette famille, beaucoup aimeront le livre.

Complaisance ?

On est plus gênés par l’avant-propos, certainement rédigé en 2008 et qui n’a pas été rectifié par l’auteur. On y découvre un jugement élogieux de Vladimir Poutine, un homme qui, après avoir réformé son pays et permis son redécollage économique, tente de réconcilier les Russes avec leur passé, un peu plus de quinze ans après la chute de l’URSS. On trouva aussi certains poncifs sur la civilisation russe, l’orthodoxie. Et puis Poutine a eu selon l’auteur le mérite de réhabiliter Nicolas II. Ce qui, pour certains faits en 2008, était vrai aurait mérité aujourd’hui, au moment de la guerre en Ukraine, de prendre un peu de recul. Au mieux, cette maladresse (en est-ce une ?) gêne un lecteur en rien russophobe mais aux aguets face au danger géopolitique poutinien qui menace l’Union Européenne.

Reste un livre sympathique.

Sylvain Bonnet

Jean des Cars, La saga des Romanov, Perrin « Tempus », février 2026, 432 pages, 10 euros

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