Sous le règne des Filles du Feu I, fantasy viking
Auteur encore peu connu (on pourrait citer Il faudrait pour grandir oublier la frontière, paru chez Scylla en 2015), Sébastien Juillard a publié au printemps dernier le premier tome d’un dyptique, Sous le règne des FilLes du Feu, de la fantasy ancrée dans l’époque Viking.
La quête d’une viking
« Lorsqu’elle s’embarqua au début du printemps, nul parmi ses compagnons ne savait, au juste, ce qui poussait Sigdís Hröriksdóttir à prendre la mer. Mais pas un ne croyait qu’elle partait pour l’or ou l’ambre.
Sans doute, cherchait-elle à fuir sa propre demeure et les lieux qui, sa vie durant, avaient été la joie de son cœur. Les montagnes comme les sentes où elle aimait courir avaient perdu tout pouvoir sur elle. »

Sigdís est une guerrière viking féroce. Elle revient d’une expédition où elle ramène peu de butin et le cadavre de son père, l’ancien chef de leur village. C’est surtout une femme hantée par la mort de sa fille, son seul enfant, emmené par les Filles du Feu. Son mari, Jórun, est désormais muet, sans doute lui-même maudit. Sigdís n’en a pas fini avec son périple. Bien des dangers menacent son peuple. Le climat se réchauffe, un peuple, les Thuringiens, menace les siens, tandis qu’une étrange épidémie, l’Ardente, décime les autres villages. Sigdís n’est pas au bout de ses peines.
Un roman mélancolique et tortueux
Difficile, comme c’est au fond souvent le cas, de résumer un roman touffu, complexe, prenant aussi que Sous le règne des filles du Feu (premier tome) de Sébastien Juillard. Il a choisi de se placer du point d’une femme (essentiellement, car d’autres personnages narrateurs interviennent), une femme combattante, souffrante aussi. La magie intervient plutôt tardivement, notons ce risque. Le roman finit par l’emporter malgré quelques longueurs, grâce à ses personnages dont on a envie de découvrir le destin. Un roman qui mérite sa chance.
Sylvain Bonnet
Sébastien Juillard, Sous le règne des Filles du Feu, illustration de couverture de Pascal Guédin, Denoël « Lunes d’encre », mai 2026, 624 pages, 24 euros
