Python, l’amour maternel ne va pas de soi

Auteur de Chez Paradis (Gallimard, 2022) et de Chevreuil (Gallimard, 2023), Sébastien Gendron a développé un goût certain pour des récits parfois décalés, souvent violents et toujours percutants. On va voir que Python s’inscrit dans ce sillage.

Une mère qui déteste son enfant

« Lorsque Hippolyte a sauté sur sa mère et lui a planté ses ongles en hurlant « Sale pute ! », Constance s’est demandé si c’était ça le prix à payer quand on n’aime pas son enfant.

En réalité, non, les choses ne se sont pas déroulées de cette façon. »

Voilà l’histoire de Constance Deltheil qui vit à Washington, petite ville française (ouais, on sent que les promoteurs avaient un tropisme atlantiste). Constance a un défaut : elle déteste son fils de cinq ans, Hippolyte, un gosse infect, capricieux et un peu sadique avec les autres. Elle ne l’a eu que parce que son mari a insisté, elle qui ne voulait surtout pas d’enfant avec lui. Le rêve de Constance, c’est de partir loin, très loin. En Inde par exemple. Bangalore, c’est son truc. Elle se prépare mais voilà que Damien succombe à un AVC. Les voisins viennent la voir, plein de commisération, alors qu’elle ne rêve que de vendre ses affaires et de partir ! Mais que faire de ce gosse qui agresse ses camarades. Un nouvel arrivant va peut-être l’aider… ça ne pourra pas être pire, de toute façon… N’est-ce pas ? Pourtant, un python rôde dans les canalisations !

Un roman diabolique !

Python est une satire sur la… fibre maternelle tant vantée ici et là. Or Constance en est totalement dépourvue. Les mômes, ce n’est pas son truc (le mariage non plus au fond). Alors Sébastien Gendron tisse autour d’elle une intrigue très ironique, humoristique aussi tant les situations décrites paraissent « hénaurmes ». En tout cas, Gendron a conçu son roman comme une production hollywoodienne, mode « Tarantino » et cela plaira à beaucoup. Si on a aimé Chez Paradis et Chevreuil, tout ira bien avec Python.

Sylvain Bonnet

Sébastien Gendron, Python, Gallimard « La Noire », mars 2025, 336 pages, 20 euros

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