Assurbanipal, le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale 

Ancienne professeure à l’université de Beyrouth, spécialiste du Proche-Orient antique, auteure d’une récente Histoire de l’empire assyrien (Perrin, 2021) et d’une biographie de Nabuchodonosor (Perrin, 2025), Josette Elayi a choisi ici de revenir sur une figure mal connue de cette période, Assurbanipal, à l’origine d’une légende dont il faudra bien parler…

Un grand roi

Assurbanipal est connu par les écrits laissés à Ninive, capitale de l’empire assyrien, sur des tablettes mais aussi par des textes d’auteurs anciens comme Hérodote ou Flavius Josèphe dans ses Antiquités juives. Il monte sur le trône vers – 667, succédant à son père Assarhaddon. Il respecte la volonté de celui-ci en laissant son frère Shamash-shum-ukin monter sur le trône de Babylone, royaume soumis bon gré mal gré à l’Assyrie. Assurbanipal restitue aussi à Babylone les statues de certains dieux. Cela n’empêche pas son frère de rebeller : Assurbanipal vainc la Babylonie, part ensuite vaincre l’Elam, subjuguer l’Egypte, puis soumettre la Phénicie et l’Arménie. Assurbanipal est au sommet de sa gloire quand il décide de se consacrer à sa passion : l’érudition. Il faut dire que sa bibliothèque est la plus importante d’Orient et servira de modèle à celle d’Alexandrie. Quand il meurt, Assurbanipal ne peut savoir que la domination de l’Assyrie est bientôt sur sa fin…

Et son double légendaire

Mais la figure d’Assurbanipal lui survit… en étant caricaturé. Naît bientôt un mythe, celui de Sardanapale, roi oriental décadent, efféminé, sulfureux, plus préoccupé de son harem que de conquêtes (ce qui est bien sûr très loin de l’Assurbanipal historique). Et pendant longtemps Sardanapale et Assurbanipal se confondent aux yeux des lettrés, ce qui aura le mérite d’inspirer Delacroix pour un tableau mémorable, La mort de Sardanapale. Le mythe est aussi intéressant que l’histoire. Lettré et guerrier, Assurbanipal mérite d’être redécouvert et cette biographie lui rend justice.

Sylvain Bonnet

Josette Elayi, Assurbanipal, Perrin, janvier 2026, 320 pages, 22 euros

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