Napoléon et le monde 1769-2025: un héros universel
Directeur général de la Fondation Napoléon et professeur associé à l’institut catholique de Vendée, Thierry Lentz est devenu un des grands maîtres des études napoléoniennes en France, après Jean Tulard bien sûr. On lui doit de nombreux ouvrages dont entre autres Le grand consulat (Fayard, 1999), une Nouvelle histoire du Premier Empire (Fayard, 2002-2010) une remarquable biographie de Joseph Bonaparte (Perrin, 2016). Pour Belin, il a publié un Napoléon et le monde l’année dernière.
Une vie à l’impact mondial

L’intérêt de ce bel ouvrage richement illustré est de montrer à quel point cette vie a eu un impact sur le monde entier. Par exemple, l’expédition d’Egypte est pensée pour apporter du secours à Tippou Sahib, en pleine révolte en Inde. Après avoir rêvé de faire des Caraïbes un lac français, Napoléon vend la Louisiane aux Etats-Unis, donnant ainsi une expansion sans précédent à la future puissance mondiale à un prix relativement « modique ». La guerre d’Espagne provoque à terme l’émancipation de l’Amérique du Sud et du Mexique, pour lequel d’anciens soldats de Napoléon viendront combattre. Pour autant, on connaît la fin, Napoléon est vaincu par Londres, sa puissance économique, son crédit, ses soldats. Fin de l’histoire ? Pas du tout.
Une histoire connue partout
L’ex-empereur meurt à Sainte-Hélène en 1821 et ses cendres sont rapatriées en 1840 en France. Mais Napoléon mort est partout. Il fait les délices des écrivains, des peintres, des chansonniers comme Bérenger, du théâtre aussi. Sa légende règne en France et permet au futur Napoléon III de créer la sienne. Mais en Europe, il est partout. Mieux, dans le monde aussi : l’Amérique latine rêve de Napoléon, l’Asie aussi. Les pays l’ayant vaincu se mettent à cultiver sa légende, comme la Russie ou la Grande-Bretagne. Si en France, l’université exclut de plus en plus au vingtième siècle les études napoléoniennes, le grand public reste friand d’ouvrages qui lui sont consacrés. Jean Tulard fera beaucoup pour le réintégrer dans le cursus universitaire. Et puis le cinéma s’empare de Napoléon, d’Albert Dieudonné à Joaquin Phoenix, en passant par Marlon Brando. L’histoire continue, le mythe vit.
Sylvain Bonnet
Thierry Lentz, Napoléon et le monde 1769-1825, Belin, septembre 2025, 560 pages, 41 euros
