Rocks Off, l’histoire des Rolling Stones en cinquante titres 

Fan des stones depuis son adolescence, Bill Janovitz, journaliste et écrivain, musicien également, auteur d’Exile on Main Street, un ouvrage qu’on aimerait lire un jour, a écrit avec Rocks Off (titre de la première chanson de l’album Exile On Main Street, tiens tiens) une vision de l’histoire des Rolling Stones en cinquante titres. Ce qui nous ramène à une époque pas si lointaine où la musique rock dominait l’imaginaire des jeunes…

Une sélection globalement satisfaisante

Bill Janovitz a choisi cinquante titres. Il y en qui étaient évidents (Satisfaction, Jumpin’ Jack Flash, Paint it Black), d’autres qui l’étaient moins parce que moins connus du grand public comme Let it Loose ou Sway. On ne comprend pas trop le choix de She Was Hot et l’absence de She’s like a Rainbow (un des rares sommets de l’album Their Satanic Majesties Request) ou de Beast of Burden, chanson magnifique de l’album Some Girls. Il a aussi choisi de classer ces chansons en trois parties dédiées chacune à un de leurs guitaristes : Brian Jones, Mick Taylor, Ron Wood. Pourquoi pas ? N’ergotons pas.

Un ouvrage très fouillé

L’essentiel est ailleurs. A l’instar d’un Philippe Manœuvre en France, Janovitz connaît à fond l’histoire de ces chansons et on trouve plein de détails sur les circonstances qui ont mené à leur composition puis à leur enregistrement. On y apprend ainsi que Mick Taylor a co-composé Sway ou Time waits for no one avec Jagger, Richards étant trop défoncé ou absent. La relation Jagger-Richards est unique : les deux hommes se sont connus dans l’enfance, ont appris à composer ensemble (en excluant le fondateur du groupe, Brian Jones), ont partagé les mêmes femmes. Jagger a aidé Richards à décrocher de l’héroïne, lui sauvant la vie mais, pris d’une crise d’ego, a rêvé d’une carrière solo dans les années quatre-vingt (en prenant modèle sur son ami Bowie ?), provoquant l’ire de son comparse. Et pourtant le groupe est encore là, malgré la mort de Charlie Watts, publiant des albums certes dispensables. Plundered my soul, la chanson qui termine ce recueil, petit bijou paru sur la réédition d’Exile il y a quinze ans, montre en tout cas à quel point ces maîtres du Blues-Rock ont marqué la musique.

Sylvain Bonnet

Bill Janovitz, Rocks Off, traduit de l’anglais par Stan Cuesta, Rivages « rouge », juin 2026, 400 pages, 10 euros

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