White City, polar londonien

Auteur britannique, Dominic Nolan s’est fait remarquer avec un roman plutôt historique, Vine street, traduit chez nous par les éditions Rivages en 2024, où il racontait la traque d’un tueur en série sur soixante-dix ans. Le voici de retour avec White City, toujours édité chez Rivages. On commence avec un casse rocambolesque et on finit dans les émeutes de Notting Hill en 1958 !

Un casse dans une ville en ruines

« Ce qui venait à l’esprit d’Adlyn Rowe lorsqu’elle pensait à sa mère, c’étaient des immeubles qui s’effondraient, des membres arrachés et la fin du monde. Sa mère racontait encore et encore comment elle avait accouché d’Addie une nuit, au tout début du Blitz, et, à l’éclat qu’elle avait dans les yeux, on aurait dit que cette enfant avait apporté avec elle les bombes qui s’abattaient du ciel. Sa mère la rendait coupable de ça, entre autres choses. »

Mai 1952, Londres, encore marquée par la guerre. Un fourgon de la Poste est dévalisé, le montant du butin est faramineux. La police soupçonne Billy Hill, un parrain de la pègre particulièrement retors, d’avoir financé le casse. Elle met sur le coup un de ses agents infiltrés, Dave Lander, pour retrouver la trace de l’argent. Mais Dave sait de moins en moins la frontière entre les flics et les truands et est sur la corde raide. On trouve aussi dans cette histoire Claire Martin, épouse d’un petit truand qui a disparu (était-il mêlé au casse?) et qui attire Dave. Claire veut à tout prix empêcher son fils Ray de mal tourner. Et la jeune Addie Rowe tente de survivre avec sa petite sœur. Elle est noire de peau et le racisme monte…

Un roman polyphonique

White City est un roman à plusieurs voix dont l’histoire met du temps à captiver le lecteur, un peu perdu entre le casse, la vie de tous les jours, un flic infiltré qui ne sait plus où il en est… Par contre, dès le milieu de l’histoire, on est pris par la description de la société londonienne et ces personnages marqués par la vie (et la guerre). Le portrait de Dave Lander est assez saisissant, notons-le. Bien entendu, la fin est pleine de violence et de regrets. Intéressant et recommandé.

Sylvain Bonnet

Dominic Nolan, White City, traduit de l’anglais par David Fauquemberg, Rivages, octobre 2025, 464 pages, 24 euros

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