Les animaux et nous, une enquête archéologique

Archéologue roumain, Cătălin Pavel est l’auteur d’essais tels que L’archéologie de l’amour, de Néandertal au Taj Mahal (L’aube, 2022), qui a remporté un certain succès. Ici il a choisi de s’intéresser aux liens profonds qui unissent l’homme et des animaux tels que le chien, le cheval, le chat, les baleines. Car les fouilles archéologiques ont révélé bien des choses.

Des liens anciens

L’archéologie est une science exigeante, qui révèle aussi son lot de surprises. On a découvert un grand nombre de tombes d’hommes et de femmes avec des ossements d’animaux à côté. C’est parfois dû à des rites sacrificiels liés à un culte religieux. Parfois, c’est aussi un humain qui a décidé de reposer dans l’au-delà avec ses animaux préférés, tués après lui. C’est sans compter l’Egypte et son attachement aux chats, intégrés d’ailleurs dans leur panthéon. On peut aussi mentionner les baleines, très présentes tant dans l’iconographie, les récits (songeons à Jonas dans la Bible) et on retrouve aussi des ossements. En fait, le livre montre très bien que les humains vivent en interaction continue avec le monde animal, domestiqué ou non (songeons aux ours).

Une relation protéiforme

Bien sûr, les humains mangent aussi les animaux. Ils les chassent également. Ils les domestiquent aussi. On reste intrigué devant cet ouvrage devant la prolifération de traces, d’os, de peintures rupestres, de mosaïques qui montrent à quel point nous ne pouvons nous passer d’un monde animal volontiers anthropomorphisé. Montrez-moi un animal et je vous dirais quelle sorte d’hommes nous sommes ! Ce lien quasi fusionnel, symbiotique en tout cas, est en tout bien retranscrit à travers l’histoire par ce livre qui incite à réfléchir. Que serions-nous sans les animaux ?

Sylvain Bonnet

Cătălin Pavel, Les animaux et nous, traduit du roumain par Florica et Jean-Louis Courriol, Flammarion « sciences », juin 2026, 463 pages, 22 euros

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