Le dictionnaire Pompidou, une action à redécouvrir
Retour en grâce

Tombé dans un certain oubli durant les trente années qui suivirent sa mort en avril 1974, Georges Pompidou bénéficie aujourd’hui d’un regain d’intérêt. On peut dire aussi que la biographie que lui consacra Éric Roussel il y a quelques années aida beaucoup. Christine Manigand, professeure d’histoire contemporaine à la Sorbonne nouvelle et présidente du comité scientifique de l’Institut Georges-Pompidou, et Olivier Sibre, directeur des études et de la recherche dans le même institut, ont consacré au successeur du général de Gaulle un dictionnaire paru chez Robert Laffont en 2024 et republié en poche chez Perrin cette année. On peut dire déjà qu’on retrouve des contributeurs prestigieux, comme Éric Roussel, Christine Clerc et bien d’autres !
De belles contributions
Le volume se veut le plus exhaustif possible, avec des entrées consacrées à chaque aspect de sa vie, de son action, des politiques qu’il a menées. Ainsi on trouve un article consacré à l’Algérie, logique car Pompidou, pour le compte du général de Gaulle, supervisa les premiers contacts avec le GPRA, la Chine ou les Etats-Unis, avec qui il essaya de nouer un dialogue exigeant et constructif. On trouve aussi des entrées consacrées à des personnalités politiques : des collaborateurs comme Edouard Balladur ou Jacques Chirac, promis à un bel avenir, où à des rivaux comme Valéry Giscard d’Estaing (Éric Roussel s’y colle) ou François Mitterrand (et c’est écrit par Hubert Védrine). Saluons aussi la partie du dictionnaire centrée sur l’URSS, rédigée par Georges-Henri Soutou, un des meilleurs spécialistes en histoire des relations internationales. Notons la contribution d’Antoine de Baecque sur le cinéma, très critique lors des années Pompidou, qui fait la part belle aux films de Claude Chabrol (voyez La Rupture ou Juste avant la nuit, Le Boucher aussi). Au fond, c’est passionnant.
Sylvain Bonnet
Christine Manigand & Olivier Sibre, Le dictionnaire Pompidou, Perrin « Tempus », septembre 2026, 928 pages, 15 euros
