La dent du serpent, un polar inspiré

Un auteur phare du genre

Les romans de Craig Johnson font l’objet d’un véritable engouement en France et ont permis la réussite des éditions Gallmeister. Johnson allie un sens inné du récit à des personnages solides, ancré aussi sur une bonne connaissance de l’Ouest américain. Ses romans ont fait l’objet d’une adaptation à la télévision sous forme de série, un indice supplémentaire de son succès. Et voilà donc La dent du serpent, dixième volume des aventures de Longmire.

Gamin fugueur, mormons & co

« Je n’aime pas les enterrements, et cela fait un moment que j’ai cessé d’y assister. Je considère la cérémonie comme une forme de déni, et quand ma femme est décédée et que ma fille, Cady, m’a dit que, à sa connaissance, aller à l’enterrement de quelqu’un ne l’avait jamais fait revenir, j’ai tout simplement renoncé. »

Le shérif Walt Longmire, accompagnée de son adjointe Vic (sa maîtresse) met la main sur un gamin fugueur qui vit chez une vieille folle. Il s’agit de Cord, un jeune qui vient de s’échapper d’une secte mormone. Longmire commence à enquêter sur le jeune homme, dont la mère a disparu. Il se rend dans la communauté dont est issu le jeune homme et rencontre son patriarche, le vieux Lynear, qui déclare ne pas connaître Cord…

Plus l’enquête de Longmire avance, plus les choses s’obscurcissent, surtout quand un autre vieillard surgit pour protéger Cord et prétend être Orrin Rockwell, un mormon mort au XIXe siècle.

Le succès d’une série

La dent du serpent fonctionne très bien, Johnson ayant auparavant défini son « cahier des charges » : narration à la 1e personne, description détaillée de l’Ouest américain, goût prononcé pour les intrigues alambiquées (à la manière de Chandler, donc c’est un compliment). Notons un peu de pathos à la fin vis-à-vis de Vic mais… allez ça passe. Voilà donc un bon roman qui procure du plaisir à son lecteur (surtout s’il est un amoureux de l’Ouest américain). Vous l’avez compris, Craig Johnson est une valeur sûre selon moi.

Foncez.

Sylvain Bonnet

Craig Johnson, La dent du serpent, Gallmeister « totem », traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, février 2026, 448 pages, 11,90 euros

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