Marie de Médicis, une européenne à la mode du XVIIe siècle
Professeur émérite à l’université du Maine, Jean-Marie Constant est un spécialiste de l’histoire des XVIe et XVIIe siècles français, particulièrement des guerres de religion. On lui doit un grand nombre d’ouvrages dont La Ligue (Fayard, 1996), Gaston d’Orléans (Perrin, 2013) ou C’était la Fronde (Flammarion, 2016). Il publie ici un portrait de la mère de Louis XIII, Marie de Médicis, prenant la suite de la biographie de Françoise de Kermina parue en 1979.
Une régente pas si inutile ?

On a beaucoup critique Marie de Médicis. Florentine, italienne, dévote catholique, mauvaise mère… n’en jetez plus ! Ce livre a le mérite de la replacer dans son époque. Epousée sur le tard par un Henri IV volage, elle lui donne de nombreux enfants dont un dauphin. Son assassinat en 1610 (possiblement téléguidé depuis Bruxelles mais chut) fait d’elle la régente durant la minorité du nouveau roi Louis XIII. Jean-Marie Constant a le mérite de constater qu’elle évite au royaume de plonger dans une guerre civile, à peine quinze ans après la fin des guerres de religion : ce n’est pas rien. Elle distribue cadeaux et titres, cajole la noblesse, s’appuie sur son favori Concini. Ce dernier n’est pas dépourvu de qualités militaires. Marie de Médicis a, selon Constant, un but : la préservation de la paix en Europe et particulièrement avec l’Espagne. Sa chance est d’avoir un partenaire, Philippe III d’Espagne.
Une figure contrastée
Une femme politique donc. Pourquoi pas ? Notons qu’elle réussit à garder Condé, le cousin rebelle, à distance du pouvoir malgré ses révoltes. Il reste qu’elle connaît l’erreur de négliger son fils, Louis XIII, à qui elle préfère Gaston. Or Louis XIII est un être intelligent, timide, secret, jaloux de son autorité. Il finit par comploter avec Luynes et prend le pouvoir brutalement, avec le soutien du peuple de Paris, italophobe. Marie de Médicis ne réussira pas, malgré ses efforts à revenir au premier plan et sera définitivement évincé par celui qu’elle avait contribué à lancer, Richelieu.
Un parcours intéressant, bien retracé par Jean-Marie Constant.
Sylvain Bonnet
Jean-Marie Constant, Marie de Médicis, Perrin, avril 2026, 304 pages, 22 euros
