Altamont 69, le côté noir du rock
L’année 1969 ne fut pas seulement celle de Woodstock et de l’apogée de l’utopie hippie. C’est également cette année-là qu’eut lieu le concert d’Altamont, avec les Rolling Stones en tête d’affiche. Un concert qui finit en tragédie avec la mort d’un spectateur. Joel Selvin, chroniqueur musical au San Francisco Chronicle, retrace dans ce livre le détail des évènements.
Des Stones en faillite

A l’origine de ce concert, on trouve un groupe, les Rolling Stones. Ils n’ont pas tourné depuis 1966 et doivent le faire pour ne pas perdre leur popularité face à leurs rivaux (les Who et Led Zeppelin). De surcroit, le groupe a besoin dramatiquement besoin d’argent : les contrats signés avec Allen Klein lui ont laissé la propriété de leurs masters. Jagger et ses avocats négocient un nouveau contrat avec Atlantic mais une tournée américaine s’avère nécessaire. Et elle s’avère très lucrative, ouf pour eux. Germe dans l’esprit de Jagger une idée disons géniale au début : organiser son propre Woodstock avec des groupes amis. On choisit le site du circuit automobile d’Altamont et des groupes comme le Grateful Dead, Jefferson Airplance ou Crosby, Stills, Nash & Young acceptent de venir. Les choses se gâtent quand, pour le choix du service d’ordre, la bande choisit de recruter les Hells Angels, Jagger se méfiant des forces de l’ordre (ses déboires judiciaires expliquent cela). Et après tout, les Stones les ont pris pour le concert d’Hyde Park et tout s’est bien passé. Mais les Hells anglais ne sont pas leurs homologues américains…
En route pour le désastre
On connait la fin. On sait moins que la victime, Meredith Hunter, était armée. On découvre aussi combien le festival fut prétexte à une débauche à une consommation de drogues, LSD en tête, et qu’on passa très près d’un désastre sanitaire. Le plus extraordinaire reste que les Stones ont joué tout leur set, y compris après le meurtre. Ce groupe, l’un des meilleurs du monde, véhiculait à l’époque une énergie incroyable, une violence latente aussi, l’une des explications du drame d’Altamont. Le livre s’avère passionnant.
Sylvain Bonnet
Joe Selvin, Altamont 69, traduit de l’anglais par Stan Cuesta, Rivages rouge, juin 2026, 304 pages, 9 euros
