La vengeance du Wombat et autres histoires du bush
Le wombat ressemble à un ourson, il présente la particularité d’empiler ses crottes de quatre centimètres de long pour marquer son territoire, on ne peut le confondre avec quiconque : elles sont cubiques ! C’est que le bush australien réserve bien des surprises… Le wombat ne mesure en général guère plus d’un mètre de long, celui à qui eut affaire le narrateur de Kenneth Cook ressemblait plutôt à un ours adulte ! Est-ce l’effet de l’alcool ? Suite à un conciliabule arrosé de whisky avec l’ami Alan, il était parti à la recherche des wombats, il s’agissait d’en ramener un vivant, pour la modique somme de deux cents dollars. Hélas, l’énorme wombat qu’il cherche à capturer déchire le filet qu’il jette sur lui, et attaque… Notre glorieux chasseur se sauve en s’enfermant dans une tombe…

Ses rencontres avec les autres animaux du bush qui parcourent les nouvelles de ce livre sont toujours aussi malheureuse : les kangourous pratiquent la boxe, les crocodiles ont trop d’appétit, le gentil quokka peut se révéler un tueur, le buffle est plus fort que le 4×4 qui le traine, les serpents ne sont guère sympathiques. Sur mer ce n’est guère mieux : il arrive qu’un requin entraine la barque au fond.
Le plus surprenant reste le koala explosif : la nourriture de ce gentil petit animal est exclusivement constituée de feuilles d’eucalyptus, or l’essence d’eucalyptus est très inflammable… voilà pourquoi un koala dont les intestins sont remplis de gaz d’eucalyptus explose si on l’approche d’une flamme…
Le narrateur court ainsi de tribulation en tribulation, heureusement sur un mode burlesque : on rit de ses mésaventures ! En même temps le lecteur découvre la faune originale qui peuple l’Australie, et quelques-uns de ses aborigènes.
Car le bush n’est pas désert. De bar en bar on y rencontre des personnages hauts en couleur. On fait connaissance avec son voisin en lui offrant un verre, bière ou whisky, lequel est vite rendu, et ainsi de suite… ainsi dans une manière de potlatch où aucun des protagonistes ne veux être quitte, c’est une question de savoir-vivre, on finit par voir des éléphants roses, parmi les wombats, kangourous et quokkas ils ne déparent pas… Ceci dit, malgré ce long entrainement, Kenneth Cook n’est pas décédé d’une cirrhose mais d’une crise cardiaque, à l’âge de 57 ans.
Ce recueil de nouvelles foutraques bien qu’instructives est réédité régulièrement par les éditions Autrement, c’est dire que les lecteurs l’apprécient.
Mathias Lair
Kenneth Cook, La vengeance du wombat et autres histoires du bush, traduit de l’anglais par Mireille Vignol, éditions autrement, septembre 2026, 192 pages, 17 euros
