Magma, un groupe à redécouvrir

Spécialiste de l’histoire et de l’analyse des musiques contemporaines, enseignant à l’université de Bourgogne et lui-même guitariste, Philippe Gonin a publié trois ouvrages sur trois albums de Pink Floyd, Dark Side Of The Moon, The Wall et Wish You Were Here, ainsi qu’une synthèse sur le groupe The Cure, tous publiés chez Le Mot et le reste. Nous avons ici droit à la réédition de son ouvrage sur groupe français Magma, publiée originellement en 2010.

Comment définir Magma ?

Fondé il y a cinquante-cinq ans, Magma est toujours en activité sous la férule de son batteur et compositeur Christian Vander. Au début des années soixante-dix, certains en faisaient un groupe de progressif, à tort tant le groupe brasse des influences peu communes : avant-garde, rock, jazz. Sans compter que Christian Vander revendique officiellement une influence : celle du saxophoniste John Coltrane, auteur d’A Love Supreme, mort en 1967 et à qui il rendra hommage dans un album. On perçoit aussi l’influence de Stravinsky, de la musique Klezmer et de Wagner. Tout cela avec des paroles écrites en kobaïen, une langue… inventée par Vander.

Un groupe qui vit toujours

Magma est issu des années soixante-dix et en a épousé certains courants. On les voit même brièvement dans un film de Jean Yanne, Moi y en a vouloir des sous (quel choc des cultures !). Le groupe n’a eu bien sûr aucun tube et n’est que peu passé en radio. Son succès public est donc assez relatif. Pourtant, Vander et ses acolytes, malgré les modes, malgré les changements de musiciens, ont réussi à continuer et à bâtir une carrière. Magma a ses fans, fait des concerts qui sont pleins, encore aujourd’hui et a même joué en Chine (le passage consacré à cette tournée dans le livre est fascinant). La preuve est donnée que ce groupe compte toujours dans le paysage musical qu’il a marqué. Ce livre permet de le comprendre.

Sylvain Bonnet

Philippe Gonin, Magma, Le mot et le reste, mai 2026, 312 pages, 24 euros

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