Le Désert du monde, un ami nommé Andrevon

Voici la réédition du Désert du monde, un des plus célèbres romans de Jean-Pierre Andrevon, héraut de ce qu’on a appelé autrefois la SF politique française, auteur de classiques comme Les hommes-machines contre Gandahar ou Le travail du furet. Indisponible (!) depuis plusieurs années, ce classique vaut-il sa réputation (et le bon souvenir qu’il a laissé) ?

Réveil après le désastre

« Il se réveilla…

Cela, naturellement, ne se produisait pas en bloc, pas d’un seul coup, comme un réveil ordinaire.

Car ce n’était pas un réveil ordinaire. Il s’en rendit compte presque tout de suite, non pas encore dans sa conscience, mais dans les méandres obscurs de son inconscience, puis de ses sensations primaires. »

Un homme se réveille dans une maison qu’il ne connait pas, à moitié effondrée. Sa jambe est blessée, il réussit à se relever. Autour de lui, le silence. Il se rend compte qu’il ne se souvient absolument pas de son identité. Il entreprend d’explorer les alentours et tombe sur un cadavre, puis deux, trois. Il est dans un village rempli de cadavres, bientôt dévorés par les rats (!). Il est le seul habitant survivant de ce village mystérieux ou quelque chose veille à ce qu’il trouve chaque jour du pain et de la viande. Que s’est-il passé ? Une catastrophe ? Et qui est-il ? Bientôt un chien apparaît qu’il appelle Mystère. Il entreprend d’explorer les alentours, ne sachant pas qu’on l’observe, qu’on l’étudie. Tout est désert autour de lui. Jusqu’à l’arrivée de Marie-Françoise…

Voilà un vrai classique

L’auteur de ces lignes a eu longtemps une relation compliquée avec Andrevon et sa SF politique, tout en adorant Le travail du furet et… Le Désert du monde, lu en 1994 et qui laissa alors une impression durable. Tellement durable que j’ai eu l’impression en le relisant de reprendre contact avec un vieil ami. Le roman se lit très bien, a bien vieilli (comme un bon whisky) et mérite d’être lu et relu. Les six questions d’Olivier Girard à Jean-Pierre Andrevon dévoilent un auteur de presque quatre-vingt-dix ans toujours en forme et créatif, ça fait plaisir. Le Bélial a eu amplement raison de choisir cet ouvrage pour une réédition dans sa nouvelle collection « archives du futur ». Vous auriez vraiment tort de passer à côté…

Sylvain Bonnet

Jean-Pierre Andrevon, Le Désert du monde, Le Bélial « Archive du futur », illustration de couverture de Zariel, mars 2026, 304 pages, 15,90 euros

Laisser un commentaire