White River, froide wilderness…

Ian McGuire, écrivain anglais, s’est fait connaître comme romancier avec Dans les eaux du Grand Nord, paru en français chez 10/18 en 2017. Son intérêt pour le Grand Nord semble se confirmer avec White River, son premier roman chez Rivages.

Une nature froide et hostile

« Patterson le Colporteur est vêtu de peaux d’hiver graisseuses, son bonnet en laine sombre couvre bien ses oreilles, et sous le bord élimé, ses yeux sont plissés, rapprochés, et la peau de son visage est par endroits rouge vif et scrofuleuse. Quand John Shaw le voit, debout à côté du puits fermé au centre de la petite cour pavée, avec son bâtard à l’apparence sauvage et belliqueuse, il identifie, rien qu’à ses airs sournois de voleur, ce qu’il est sans avoir besoin de le demander. »

Fort Prince-de-Galles, compagnie de la Baie d’Hudson en 1766 : un colporteur mal embouché arrive avec une pépite d’or en racontant qu’un filon se trouve plus au nord, bien au-delà de la White River à Ox Lake. Magnus Horton, le directeur du fort, nostalgique de l’Angleterre, décide d’y envoyer une expédition dirigée par son adjoint et ami John Shaw, comprenant également le jeune Abel Walker, neveu d’Horton, et l’ancien marin Tom Hearn. Le groupe, guidé par des Indiens, s’enfonce dans des terres hostiles. Mais Shaw commet une erreur en abusant de la femme de l’indien. Ensuite, le piège se referme lentement sur ces hommes assoiffés d’or…

Un roman historique brutal et sauvage

White River nous transporte dans ce grand Nord-américain, peu après la défaite française entérinée en 1763 dans le milieu des trappeurs et des marchands anglais au service de la compagnie de la Baie d’Hudson, une compagnie privée de commerce dotée de privilèges exorbitants. Nous voici donc avec ce groupe d’européens avides d’or (on dirait parfois des conquistadors espagnols) dont émerge la figure du rude John Shaw, un homme dur et pourtant charismatique. Le roman nous réserve beaucoup de descriptions de cette nature encore sauvage, peuplée d’Indiens qui voient arriver ces blancs avec curiosité et hostilité : il faut dire qu’ils n’y vont pas de main morte. Au final, l’histoire est passionnante.

Sylvain Bonnet

Ian McGuire, White River, traduit de l’anglais par Sophie Aslanides, Rivages, août 2026, 336 pages, 21,90 euros

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