De Gaulle en famille, le grand homme et les siens

Directeur du Mémorial Charles de Gaulle à Colombey-les-Deux-Eglises, l’historien Mathieu Geagea a récemment publié Dunkerque, la dernière forteresse nazie (Passés composés, 2023) qui revenait sur l’histoire d’un épisode méconnu de la Libération. Ici, il se propose de revenir sur le rapport qu’entretenait celui qu’on a appelé le Connétable avec sa famille, en s’appuyant sur sa correspondance et sur les témoignages des siens, dont son fils Philippe décédé en 2024.

Une famille unie

Charles de Gaulle est né dans une famille unie autour de la figure du père, Henri, intellectuel et professeur, féru d’histoire, « républicain de raison et monarchiste de cœur » et dreyfusard (et oui). De sa mère, Charles de Gaulle a retenu la foi religieuse… tout en se révélant à son égard un enfant difficile, capable d’éclats. Sa chance est d’être entouré de ses frères et de sa sœur. La famille se révèle très unie. Le jeune Charles choisit une carrière dans l’armée, réussit Saint-Cyr. Jeune officier, il est blessé et fait prisonnier. On le croit mort, il réussit à faire prévenir ses parents qui se préparaient au pire. Ceux-ci ont la chance de retrouver tous leurs enfants vivants au sortir de la grande guerre. Charles se marie ensuite avec Yvonne Vendroux. Ils ont trois enfants, dont la petite Anne, handicapée mentale. Pour cette dernière, le futur grand homme se montre attentif, affectueux, tendre. Les pages consacrés à cette relation unique sont très touchantes.

Un patriarche exigeant et affectueux

Au fond, Charles de Gaulle, homme de son temps, s’il se montre réservé, n’est jamais aussi à l’aise qu’avec les siens. Il motive ses enfants à faire des études, à se marier. Il leur écrit lettre sur lettre, ses neveux et nièces sont soumis au même régime. Il est particulièrement attentif au sort de Geneviève, résistante et déportée, dont il prend tout le temps nécessaire pour écouter son histoire une fois qu’elle est libérée. A Colombey, De Gaulle reçoit souvent des membres de sa famille dont ses petits-fils Charles et Yves, pour qui il a beaucoup d’affection. A l’Elysée à partir de 1959, il prend aussi le temps qu’il faut pour les voir. Charles de Gaulle puisait-il dans la quiétude de la cellule familiale l’énergie nécessaire pour gouverner la France ? On peut le penser, cet ouvrage en tout cas nous fait découvrir une facette inattendue du personnage.

Sylvain Bonnet

Mathieu Geagea, De Gaulle en famille, Passés composés, avril 2026, 300 pages, 24 euros

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