Sept vues sur les gorges d’Olduvaï, comprendre l’homme
Mike Resnick (1942-2020) est un écrivain américain qui s’est beaucoup inspiré pour ses romans de science-fiction de l’Afrique et de sa décolonisation : citons notamment Ivoire (Denoël dans la collection « Présence du futur », 1991) et bien sûr Kirinyaga (Denoël, 1998). Il savait aussi écrire de l’aventure pure et distrayante avec par exemple Santiago (Denoël dans la collection Présence du futur, 1993), roman plein de rebondissements. Sept vues sur la gorge d’Olduvaï, novella lauréate des prix Nebula et Hugo, s’inscrit dans cette veine.
Comprendre l’homme, cette créature étrange
« Les créatures sont revenues cette nuit.
La Lune venait de disparaître derrière les nuages lorsque nous avons entendu les premiers bruissements dans l’herbe. Suivis de quelques instants d’un silence total, comme si elles savaient que nous les écoutions. Puis sont venues les huées et stridulations familières lorsqu’elles ont foncé sur nous, pour s’arrêter à moins de cinquante mètres dans des attitudes agressives. »

Bien longtemps après la disparition de l’homme (qui avait conquis les étoiles), des extraterrestres se rendent sur le berceau de l’humanité, la Terre, afin d’étudier ses origines. Ils se rendent sur le continent africain où ils trouvent sept artefacts. L’un de ces extraterrestres est capable en touchant ces artefacts de revivre l’histoire de ces objets, de découvrir ainsi l’intimité des propriétaires humains. C’est l’histoire de l’humanité qui défile, expliquant comment les hommes se sont élevés vers les étoiles…
Une novella performante
Mike Resnick livre ici une histoire qui percute l’imaginaire. On découvre un univers où l’humanité a disparu mais continue d’intriguer ces aliens qui évoquent nos archéologues obsédés par les vieilles pierres et les fossiles. C’est toute l’histoire de l’humanité qui défile jusqu’à son départ vers les étoiles, abandonnant une planète devenue inapte à la vie… C’est ce qu’ils croient. Je vous laisse découvrir la chute de cette excellente novella, témoignage de ce qu’une certaine science-fiction pouvait donner. Un des meilleurs textes de Resnick en tout cas.
Sylvain Bonnet
Mike Resnick, Sept vues sur la gorge d’Olduvaï, traduit de l’anglais par Jean-Marc Chambon, Le Bélial « une heure-lumière », illustration de couverture d’Aurélien Police, mai 2026, 112 pages, 11,90 euros
