Petit Jardin de poésie : Robert Louis Stevenson et la nostalgie de l’enfance

Petit Jardin de Poésie réunit onze poèmes de Robert Louis Stevenson, délicieusement illustrés par Ilya Green et qui nous emportent vers la nostalgie de l’enfance.

 

Des poèmes inspirés de l’enfance pour grands et petits

 

Robert Louis Stevenson est bien connu du grand public pour L’Île au trésor ou encore L’Etrange cas du docteur Jekyll et M. Hide. Mais ce que l’on sait moins, c’est qu’il est aussi l’auteur d’un recueil de poèmes, écrit en 1885, intitulé A child’s garden of verse. Dédié à sa nounou, sa deuxième maman, Alison Cunningham, on perçoit toute la sensibilité de l’auteur à travers les mots qui lui adressent :

 

 

« Pour les nuits où tu as veillé

A mon bien indigne chevet ;

Pour ta main qui savait guider

Mes pas dans la plaine escarpée ;

Pour les histoires racontées,

Pour mes souffrances apaisées ;

Pour ta pitié, ton réconfort,

Dans les jours tristes ou gais d’alors-

Ma seconde mère, ma première femme,

Toi qui fus l’ange de ma jeune âme –

L’enfant fragile a pris de l’âge

et t’envoie, Nurse, cet ouvrage.

Que, grâce au ciel, tous mes lecteurs

Puissent connaître tel bonheur ;

Qu’un enfant écoutant ces rimes,

au chaud au pays des comptines

Puisse entendre la douce voix

qui me réjouissait autrefois. »

 

Autour du thème de l’enfance, ces poèmes nous entraînent sur le chemin de la liberté spécifique à cette dernière, celle des bateaux en feuilles de noisetier, des cabanes abritant nos jeux d’enfant ou encore des poursuites de cow boys et d’ indiens dans le jardin. Les malicieuses illustrations d’Ilya Green finissent de nous rendre nostalgique. Toujours dans la logique de « La collection », déjà évoquée pour Valse de Noël et Histoires naturelles, Ilya Green n’a eu qu’une semaine pour illustrer ces poèmes. Choisissant, le jaune, le vert et le rouge, ses dessins tout en rondeur et en douceur, sont marqués par l’innocence de l’enfance que Robert Louis Stevenson a voulu transmettre à travers ses poèmes.

 

 L’avis de Tom, haut comme quatre pommes

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La poésie à hauteur d’enfant, voilà un défi qui n’est pas évident à relever. Pourtant « La collection » tente une fois de plus l’expérience. Nous avions déjà lu de la poésie avec Moi j’irai jusqu’à la lune et autres innocentines. Il était donc familiarisé à la sonorité des rimes. Mais ce qui pour le coup a attiré son attention, ce sont les illustrations. Il s’est identifié aux enfants représentés, ces petits garçons pleins des rondeurs de l’enfance et aux cheveux courts.

 

 

L’illustration de « L’avenir » lui a fait pensé à lui et à son petit frère. Sauf qu’il veut bien lui prêter ses jouets.

« Un chouette jeu » a aussi retenu son attention :

« Si on prenait aussi, dit Tom,

Une part de tarte et des pommes?

ça nous paraissait bien assez,

Pour sillonner jusqu’au goûter. »

 

Mais pas question de virer par dessus bord car c’est lui qui veut rester le seul marin à bord.

 

 

A lire Stevenson, on aimerait tant retomber en enfance, pour être libre et sans soucis.

 

Clio Baudonivie

 

Robert Louis Stevenson (texte) et Ilya Green (Illustrations), Petit jardin de Poésie, Grasset Jeunesse  » La collection » août 2017, 32 pages, 19.90 euros

 

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