La mort malgré lui, mémoire contrariée

Agrégée de littérature française, professeure dans un collège de Clichy, Armelle Hérisson nous offre ici son premier roman avec La mort malgré lui. Et pour quel résultat ?

Le passé, source des malheurs

France, fin des années quatre-vingt :

« La vague de dépressions atmosphériques qui touchait l’ouest de la France semblait avoir pris en pitié les tristes hommes qui allaient, ce matin-là, fleurir les tombes de leurs défunts. Il avait plu toute la nuit ; Arlette déposa son parapluie sec dans le porte-parapluie en fer.

Le hall du commissariat était froid et calme, comme un dimanche matin. Arlette mit la cafetière en route en déboutonnant son imperméable. »

Le corps d’une journaliste parisienne, Sophie Siegler est retrouvée nu et couvert de sang, non loin d’une cité HLM près de Laval. Les résultats de l’autopsie démontrent qu’elle a été séquestrée et détenue… dans une grande valise. Le commissaire Ralu et son équipe se mettent sur l’enquête. Sophie Siegler, après s’être intéressée à un tueur en série, semblait diriger ses investigations sur la période de la guerre. Elle semble avoir recherché la piste d’un Waffen SS hongrois qui s’est complètement évaporé pendant la guerre. Or, l’un des flics, Thomas, est très lié à un couple qui vit dans un immeuble peuple d’immigré originaires d’Europe de l’Est et de Hongrie. Ralu, tourmenté par la maladie de se femme, remonte lentement la piste qui le mène en Hongrie, fin 1944, lorsque les nazis recrutent de force des jeunes hongrois… des souvenirs qui hantent un vieillard peut-être impliqué dans le meurtre de Sophie Siegler.

Un polar labyrinthique

 La mort malgré lui intéresse par son intrigue construite sur une alternance de chapitres entre les années 1940, en Hongrie, et la France de 1987. Les personnages sont bien typés, construit pour plaire au lectorat contemporain (et un peu de pathos pour le commissaire qui souffre, blood and tears) et en même temps, l’auteure s’est beaucoup documentée sur la période afin d’en tirer son roman. Les personnages secondaires intéressent beaucoup en tout cas. Solide, l’histoire plaît.

Sylvain Bonnet

Armelle Hérisson, La mort malgré lui, Gallimard « Série noire », janvier 2026, 400 pages, 20 euros

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