« Une année lumière » de Natacha Appanah

Grand voyageuse installée maintenant en France, Natacha Appanah s’est fait connaitre en 2016 par un roman sur Mayotte, Tropique de la violence, dont le titre dit assez l’intensité. Puis en 2017, elle signa toutes les semaines, ou presque, dans le journal quotidien La Croix, une chronique très personnelle, où son indépendance d’esprit, et son esprit tout court, lui ont valu un grand nombre de lecteurs. Ce sont ces chroniques qui sont réunies dans le petit ouvrage une Année lumière.

On retrouve dans une Année lumière toute la malice, l’émerveillement, l’étonnement, la curiosité de l’auteur devant « ces petits riens qui tressent une vie ». Des petits riens pas si petits, car Natacha Appanah sait donner à un fait divers l’épaisseur d’un évènement, comme elle sait trouver dans les livres le terreau d’une culture classique enviable. 

Souvent drôle, encore plus souvent pertinente, Natacha Appanah s’étonne qu’une jeune femme puisse à la fois faire des enfants et des livres, tout en faisant les deux à la fois, et nous parle de son ile Maurice natale, où l’on parle anglais, où l’on conduit à gauche, et où sa grand-mère d’origine indienne travaillait dans les plantations de canne à sucre…. Un autre monde.

Emotion, sourires et gravité se mêlent. Et un rare talent pour faire passer le sérieux avec gaité.

Didier Ters

Natacha Appanah, une Année lumière, Gallimard, octobre 2018, 140 pages, 12 eur

Une pensée sur “« Une année lumière » de Natacha Appanah

  • 8 janvier 2019 à 12 h 11 min
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    Superbe écriture effectivement, et belle personne aussi !
    Je me rappelle une Belle rencontre quand j’étais libraire, lorsqu’elle participa à Blois, au prix Emmanuel Roblès du premier roman des bibliothèques et des lecteurs de la ville (et quelques comités à l’étranger et des lycées du département) sous l’égide de l’académie Goncourt. À l’époque, elle s’appelait encore Natacha Appanah Mouriquand et son premier titre « les rochers de poudre d’or » enchanta les lecteurs de 2003 dans la collection continents noirs de chez Gallimard. Elle publia ensuite dans la fameuse collection blanche du même éditeur et obtint rapidement ses premières distinctions comme le prix RFO, Fnac. Avec tropique de la violence en 2016, elle les cumulera : le fémina des lycéens, le prix France Télévisions.
    Elle construit une oeuvre qui mérite une attention constante. Merci pour ce focus 😉

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