Winter of the Moon, la lune playlist Star sur Arte

L’astre lunaire en superstar sur Arte, pour commémorer les 50 ans d’Apollo 11

La femme sur la lune, fritz Lang

On sait ici ou notre goût pour la pop culture sous toutes ses formes. Alors quand un ovni télévisuel débarque pour nous proposer conquête spatiale, lune à gogo et SF en mode playlist, on jubile ! Belle initiative donc de la chaîne culturelle Arte ! Pour fêter les 50 ans des premiers pas de l’Humanité sur la Lune, c’est à un feu d’artifice de programmes qu’elle nous a convié du 6 au 20 janvier. Petite séance de rattrapage grâce à Arte.tv.

Rien moins qu’une vingtaine de propositions différentes s’offre ainsi aux spectateurs. Sciences (deux numéros du magazine Xenius), Histoire, Société, Cinéma, musique, rien n’échappe à la grille de lecture multiforme de la chaîne culturelle. Mais, outre les documentaires riches mais attendus, sur l’Histoire de la conquête spatiale, les dessous du programme Apollo, ou les enjeux scientifiques des recherches et des projets actuels, c’est la lecture transversale qui passionne.

Une lecture pop de l’odyssée lunaire

On peut ainsi se régaler avec trois focus décalés. Un magazine et un documentaire d’abord.

Pour commencer, l’émission Tracks et son numéro spécial « Space Tracks » du samedi 11 janvier dernier. Avec Hiroshi Ishii en fil rouge. Chercheur au MIT, la « boîte à Nobel », ce scientifique japonais, expert en interaction Homme/Machine, captive par ses interventions. Designer, artiste, philosophe, il offre à la succession de virgules du magazine un magnifique plus contextuel. En mobilisant notre imagination, en déplaçant la perspective du regard du chercheur, il offre à voir un futur de l’exploration scientifique bluffant.

l’émission Space Tracks du 11 janvier

On n’a PAS marché sur la Lune


Buzz Aldrin et Neil Armstrong  entrainement dans un décor lunaire de la NASA.

Ensuite, la plongée dans la galaxie complotiste qui accompagna et accompagne encore la mission d’Apollo 11 sur la lune. Opération Lune, tel est le titre du doc de 2004, devenu classique, du grand William Karel. Il revient sur la Fake news universelle par excellence, l’infox fondatrice de l’empire américain. Tout et son contraire ont été dit par les négationnistes sur les premiers pas « supposés » de l’Homme sur la Lune. C’est sans doute après l’assassinat de JFK, la plus célèbre mythologie moderne des USA. Et en effet, comme par hasard, l’iconique président américain fut l’initiateur de la quête de la « nouvelle frontière » – l’espace – lors de son célèbre discours du 25 mai 1961,devant le congrès américain. Cependant la postérité a plutôt retenu la force de celui fait devant l’université de Rice le 12 septembre 1962.

Nous choississons d’aller sur la Lune et d’y faire certaines choses, non pas parce qu’elles sont faciles mais parce qu’elles sont difficiles !

JFK discours Rice University 12/09/62 https://www.youtube.com/watch?v=3pGVk2aqt2E

Les témoignages s’enchaînent alors avec jubilation dans ce format si particulier que W. Karel appelle lui-même un « docu-menteur ». De Buzz Aldrin à Henry Kissinger, de la veuve de Stanley Kubrick à Richard Helms directeur de la CIA, les spectateurs assistent à l’Histoire de la plus grande tentative sérieuse, et drôlatique à la fois, de bidonnage de l’Histoire. Kubrick, missionné par la CIA mobilisa des studios secrets et les moyens de Hollywood pour tourner un faux allunissage. Et des acteurs auraient joué une partition au dialogue bien différent…Un must !

Extraits du film et débat avec W. Karel à l’Institut d’Astrophysique de Paris 01/01/2004

La musique des sphères

Car le meilleur vient aussi des ressources musicales. À laisser pantois le fan de musiques Pop, Rock et électro !

« Pulse », LE Concert d’adieu mythique de Pink Floyd, Live joué à Londres le 20 octobre 1994 qui reprend le disque mythique de 1973. Mieux encore, l’Histoire de cet album culte, Dark Side of the Moon, est décortiquée dans le magazine Classic Albums.

1973 Dark Side of the Moon alunit

Mais aussi un entretien/documentaire avec Jean-Michel Jarre « un voyage à travers le son », où le pape de l’électronica 80’s, raconte ses inspirations psychédéliques et spatiales. On est pas près d’oublier son concert hommage à Houston en 1984 après la catastrophe de Challenger. C’est lui aussi qui est le monsieur loyal du concept…lunaire !

tweet de @ARTEfr du 11 janvier

Il y a aussi cet ovni filmique : Moonwalker ! Ode au roi de la pop, vrai fausse comédie musicale et auto-biopic cornaquée par Michael Jackson lui-même pour sa propre iconification. Entre délire kitch et pop visionnaire.

Une playlist apothéose

Enfin, morceau à déguster avec componction, mirettes écarquillées et esgourdes en pavillon, la cerise sur le gâteau de ce menu profus et riche est la longue playlist vidéo  » la pop a marché sur la lune « .

Malgré une voix morne, l’ensemble est rattrappé par un montage bien barré. Il rappelle les envolées télévisuelles de Jean Christophe Averty ou des Monthy et éclate devant nos pupilles en mode kaléidoscope. S’y enchaînent, dans un voyage lunaire, forcément halluciné, quelques tours de force musicaux. Des standards psychédéliques, pops, rocks, folks, classiques ou rétros. Des raretés improbables aussi (comme Jack Kerouac lisant son poème à la lune !).

Van Morrison, The Doors (moonlight drive et moon of Alabama), The Pink Floyd déjà cité, Neil Young (moon, in Harvest), Creedence Clearwater Revival (bad moon rising), Police (walking on the moon, forcément), Rammstein et REM (adeptes de la théorie complotiste ! ) Beethoven (sonate au clair de lune !), Sinatra (Fly me to the Moon accompagna officiellement la première mission sur la lune)…

Un Top 3 vers l’infini et au-delà

En voici trois, forcément subjectifs mais si incontournables ! Allez, embarquez vers la lune !

Premier et de loin, David Bowie, et son Space Oddity, sorti 9 jours avant l’alunissage, fut interdit d’antenne par la BBC tant que la mission apollo 11 n’était pas revenue saine et sauve. Ici, une version rare, réalisée pour le film promo  » Love you till tuesday » en 69.

1969, Space Oddity rare version

Ensuite, Elton John et son sommet pop Rocket Man. Inspiré d’une nouvelle de Ray Bradbury (L’Homme de l’espace) issue du recueil l’Homme illustré. Sorti en 1972, le clip ne fut réalisé qu’en 2017. Le gagnant du concours organisé pour l’occasion, un réfugié iranien, Majid Adin transpose, grâce à la réalisation de Stephen McNally, sa propre histoire à travers les paroles de la chanson. Une magnifique métaphore de l’étranger en terre étrangère, criante d’actualité. Superbe ! Rocket Man est aussi le titre du biopic d’Elton John qui sortira en mai 2019.

Enfin, l’ébouriffant « Tonight Tonight » des Smashing Pumpkins. Hommage incroyable au voyage dans la lune de Méliès (visible aussi sur Arte et diffusé le 6 janvier). Aussi immersif et steampunk que le Hugo Cabret de Martin Scorcese, une RétroFiction visuelle servie par la pop mélancolique des citrouilles. À noter , côté rétroSF, le film de Fritz Lang « la femme sur la lune » à voir également sur la plateforme !

Adonc, chers Boojumiens.iennes, ne pas se précipiter sur la catch-up tv de Arte pour vous sustenter de toutes ces substantifiques moelles pour l’esprit et les yeux, serait doublement pécher. Osez la lune !

Révérence et chapeau bas, Arte.Tv !

Marc Olivier Amblard

Winter of the Moon, 24 programmes sur Arte en hommage au 50 ans des premiers de l’Homme sur la Lune à revoir d’urgence.

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