L’économie politique du populisme, expériences dangereuses?

Maitre de conférences en sciences économiques à l’Université Marie-et-Louise-Pasteur de Besançon, Alexandre Chirat s’associe à Gilles Ivaldi, chargé de recherches CNRS au CEVIPOF de Science Po Paris et à Emilie Sartre, assistante professeure d’économie à l’université de Nottingham pour étudier l’économie politique du populisme : vaste programme !

Un phénomène difficile à typer

Il est évident qu’on assiste à une montée des populismes dans le monde depuis une vingtaine d’années, marquées par le Brexit en Grande-Bretagne et l’élection de Trump en 2016, la montée du FN/RN et de LFI en France, la réélection de Trump en 2024 sans compter l’élection de Modi en Inde… l’ouvrage proposé par notre trio d’universitaires s’efforce de proposer une définition du populisme, de droite comme de gauche. Il montre aussi que le phénomène populiste s’épanouit dans un contexte économique et social marqué par la mondialisation néolibérale et la crise financière de 2008 qui a accéléré l’appauvrissement de la classe moyenne. Mais le populisme a aussi une histoire, notamment en Amérique latine.

Un phénomène qui débouche sur un échec

Si le populisme s’épanouit dans un contexte de crise sociale et économique, marqué par la raréfaction de certains emplois (notamment industriels), cette synthèse montre aussi les limites de ces partis après leur arrivée au pouvoir : le Brexit a largement amputé le potentiel de croissance britannique et, pour remonter aux années soixante-dix, les expériences populistes dans les années soixante-dix en Amérique latine ont débouché sur des crises économiques à répétition, en Argentine par exemple. Notons aussi que les expériences populistes ont tendance à remettre en cause les institutions de la démocratie libérale, s’attaquant notamment à la justice. À méditer donc.

Sylvain Bonnet

Alexandre Chirat & Gilles Ivaldi & Emilie Sartre, L’économie politique du populisme, La Découverte « Repères », mars 2026, 128 pages, 11 euros

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