La cellule, piégé
Du journalisme au polar
Reporter indépendant, Arthur Frayer-Laleix collabore beaucoup avec le journal Le Monde pour lequel il couvre l’actualité africaine. Il a aussi écrit des livres, comme Dans la peau d’un maton (Fayard, 2010) où il racontait son expérience de gardien de prison, en tant qu’infiltré. Cette expérience a dû nourrir la rédaction de son premier roman, La Cellule, comme on va le voir.
Un gardien piégé
” Ses yeux le piquaient depuis de longues minutes déjà. Il serra les paupières et inspira profondément, espérant que l’excès d’air dans ses poumons le réveilleraient un peu. Le café ne lui faisait plus rien et le Red Bull lui donnait juste envie de pisser. Le radiateur de la salle d’attente diffusait une chaleur étouffante qui lui desséchait la gorge, comme s’il avait trop fumé un jour d’été. Il rouvrit les yeux.”

Max est un jeune gardien de prison, récemment muté à la prison de Vieilleville-Lès-Marais, un vieux monastère réaménage (les voies du seigneur sont impénétrables…). Une nuit, un détenu, Damien de Jésus, s’évade de sa cellule au nez et à la barbe du jeune maton, aussitôt mis à pied par la directrice de la prison. Horatio, un gardien expérimenté et son mentor, le soutient. Max fouille le marais à la recherche du fugitif, sans le trouver… Un matin, il reçoit son courrier de licenciement, se bourre la gueule avant que ses collègues ne viennent le chercher. Ils le soutiennent. Mais Max est confronté aux vidéos où on le voit pénétrer dans la cellule de De Jésus pour le tabasser. Ce dernier avait été condamné pour la même infraction qui a coûté la vie au frère de Max, ce dernier a pété un plomb… mais quelque chose de colle pas. Des années auparavant, un autre détenu s’est évadé de la même cellule et n’a jamais été retrouvé. Coïncidence ? Magie noire ? Max va tout faire pour remonter la piste…
Un polar intéressant
La Cellule est un premier roman, gardons cela à l’esprit, Arthur Frayer-Laleix est un jeune auteur. Le résultat est in fine intéressant. Mais la première moitié ne laisse pas préjuger de la réussite de l’ensemble, qui prend une autre tournure ensuite (comme quoi, il faut des fois persévérer). L’itinéraire de Max intéresse, la description du quotidien de la prison aussi. Alors pourquoi pas ? Donnons sa chance à Arthur Frayer-Laleix.
Sylvain Bonnet
Arthur Frayer-Laleix, La Cellule, Rivages, février 2026, 224 pages, 20 euros
