La Terre céleste, comment la Bible parle de la nature

Un duo singulier

Voici un livre fondé sur un dialogue singulier entre l’écrivain Camille de Toledo, écrivain et chercheur associé à l’Institut d’études avancées de Nantes, juif, et Olric de Gélis, prêtre catholique, docteur en théologie et directeur de recherches au Collège des Bernardins. Et de quoi veulent-ils parler ?

L’écologie et la Bible

Camille de Toledo et Olric de Gélis fondent leur conversation sur un constat commun : le tournant écologique qui s’annonce suppose une réinterprétation des fondements mêmes de notre matrice culturelle, c’est-à-dire la Bible des juifs et des chrétiens. Pourquoi ? Parce que les textes bibliques semblent imposer a priori une domination de la nature par les hommes (et voulues par Dieu) qui a nourri le progrès technologique de l’Occident (notion bancale mais utilisons-la malgré tout). Les deux intellectuels font de l’étymologie et repartent des mots (saine démarche), en hébreu généralement, afin de mieux interpréter un texte souvent abscons et polysémique.

Une relecture intéressante

Ainsi on découvre un texte très subtil, beaucoup plus attentif à la nature et aux animaux. Le néophyte apprendra ainsi qu’humain se dit « Adam » et hébreu, ce qui donne « Adama » qui signifie la Terre, nourricière et primordiale. De quoi nourrir bien des réflexions écologiques, même si nos deux auteurs ne sont pas toujours d’accord. Olric de Gélis se révèle plus soucieux de défendre le texte biblique, moins critique de la dérive « techniciste » de nos sociétés dont il semble redouter d’autres dérives (il défend sans conteste le texte Laudato si du pape François). L’espérance chrétienne peut-elle s’accomplir dans une relation apaisée au vivant et à la Terre ? Espérons-le. Voici en tout cas un livre qui sort des sentiers battus et fait réfléchir. Car la révolution écologique, face au réchauffement climatique, est le plus grand défi de notre siècle.

Sylvain Bonnet

Camille de Toledo & Olric de Gélis, La terre céleste, Flammarion, mai 2026, 210 pages, 21 euros

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