Femmes de pouvoir dans l’Egypte antique, des souveraines et des autres
Historienne et docteure en égyptologie de la Sorbonne, Emilie Martinet s’intéresse à l’histoire des élites et de l’administration de l’Égypte antique, particulièrement durant l’Ancien Empire. Elle a déjà publié La fabrique des élites en Egypte pharaonique (Safran, 2024) en s’appuyant sur les nombreuses inscriptions hiéroglyphiques découvertes. Femmes de pouvoir dans l’Egypte antique propose une collection de portraits d’égyptiennes, incluant des épouses de pharaons mais aussi une femme pharaon et même une femme médecin.
Une société antique pas comme les autres

A la différence de la Grèce où les femmes étaient cantonnées dans la sphère antique (à l’exception de Sparte), les Égyptiennes pouvaient hériter, posséder, transmettre des biens et bénéficiaient d’une reconnaissance juridique. L’histoire de Naunakhte, femme d’artisan ayant constitué un large patrimoine, mariée deux fois et désirant favoriser certains de ses enfants dans son testament, le démontre. On trouve aussi Péseshet, cheffe des médecins dont la figure semble fasciner Emilie Martinet. Et puis il y a les femmes de pouvoir.
Femmes d’état
L’histoire de Cléopâtre, septième du nom, dernière souveraine de la dynastie grecque des Lagides, est connue, très connue même. On sait qu’elle parlait plusieurs langues, qu’elle fit tuer son frère avec qui elle régnait, qu’elle eut un fils avec César et plusieurs enfants avec Antoine avec qui elle formait un couple aux accents dionysiaques, qu’elle se suicida enfin pour ne pas être exhibé par Octave lors de son éventuel triomphe à Rome. On connait moins Méryth-Neith, qui semble avoir régné et exercé le pouvoir il y a plus de 5000 ans. Ce n’était pas une anomalie si on suit notre historienne avec le portrait qu’elle donne d’Hatchepsout, épouse de Thoutmosis II, ou de Néferousobek. Et puis il y a Nefertiti avec qui Akhenaton formait un couple politique.
Ouvrage dans l’air du temps et qui constitue une bonne porte d’entrée sur l’histoire de l’Egypte antique.
Sylvain Bonnet
Emilie Martinet, Femmes de pouvoir dans l’Egypte antique, Passés composés, février 2026, 240 pages, 24 euros
