Une famille modèle, l’enfance troublée
Journaliste néo-zélandaise, Jennifer Trevelyan signe ici avec Une famille modèle son premier roman. On en dira pas plus sur elle, l’important est de voir comment fonctionne cette histoire…
Une petite fille comme les autres face au monde des adultes
« Dans la voiture qui nous emmenait à la maison de vacances, j’ai pris soin de laisser des kilomètres de banquette vide entre ma sœur et moi. Plaquée contre la portière, je regardais défiler la bordure floue des broussailles de l’autre côté de la vitre. Ma mère avait mis Queen’s Greatest Hits et faisait circuler un paquet de boules de gomme. A une intersection, mon père a pilé et les bonbons se sont renversés. Quel couillon, a-t-il marmonné. Je me suis demandé s’il avait commencé à employer ce mot récemment ou si c’était moi qui commençais seulement à l’entendre, alors qu’il l’utilisait depuis des années. »

Alix est une jeune gamine néo-zélandaise en vacances avec sa famille sur la côte de l’île, loin de Wellington. Elle doit supporter ses parents qui se disputent (sa mère écrit un roman, a-t-elle un amant ?) et sa sœur Vanessa, plus âgée, jalouse de sa meilleure amie Crystal qui a débuté une relation avec le beau Josh. Et puis il y a ce gros voisin, Bob, qui les regarde constamment… Alix se lie d’amitié avec un jeune maori, Kahu. Ce dernier a été marqué par la disparition d’une jeune fille, Charlotte, deux ans auparavant et persuade Alix de la chercher. Ils vont trouver ici et là des indices, tandis que Bob observe Alix et que les parents de cette dernière se déchirent…
Entre thriller et roman noir
Une famille modèle nous transporte au milieu des années quatre-vingt dans une famille de la classe moyenne dans laquelle beaucoup de lecteurs et de lectrices pourront se retrouver. La jeune Alix, le roman est écrit à la première personne, nous immerge dans le récit, On découvre ses errements, ses cauchemars, ses peurs, ses relations difficiles avec sa famille. La jeune Alix est confronté aussi au regard de cette homme, Bob, qui lui fait peur. À vous de découvrir si ses angoisses étaient justifiées. Le roman est en tout cas prenant.
Sylvain Bonnet
Jennifer Trevelyan, Une famille modèle, traduit de l’anglais par Karine Lalechère, Gallimard « Série noire », octobre 2025, 336 pages, 20 euros
