Ars Obscura 4 : sorcier de sang, une fin avec du panache

Du dessin à l’écriture

Connu pour ses illustrations pour le cinéma (Harry Potter, La belle et la bête…) et pour des rééditions de Lovecraft, François Baranger a aussi entamé une carrière d’auteur de fantasy uchronique avec la série Ars Obscura, publié chez Denoël. En fin d’année dernière est sorti le dernier tome, Sorcier de sang.

Le grand combat

« L’antichambre de la grande salle du trône était un salon fastueux aux murs ornés de dorures rutilantes dont les reflets teintaient d’ambre le blanc immaculé des colonnes de marbre. Plusieurs majordomes empesés se tenaient devant chacune des hautes portes, prêts à les ouvrir avec diligence dès l’arrivée d’une personnalité importante. Pourtant, hormis les dizaines de gardes alignés dans les couloirs, les lieux demeuraient vides. Il y avait peu encore, ce salon ne désemplissait jamais, débordant de membres de la cour et de notables ayant des doléances à exposer ou une plainte à formuler. »

La Russie est désormais sous la coupe du sorcier Vakt et de son impératrice Irina Uliatine, qui a subi une métamorphose effrayante, tandis que la France est délivrée d’Elegast, l’ancien sorcier de Napoléon. Ce dernier n’était autre qu’Obéron, époux de la reine des fées Mab, et a été neutralisé par Ludwig Acerese, qui n’est autre que Mérovée, l’amant de cette reine et le demi-frère du sorcier. La France est gouvernée par le premier consul Irénion Brégante, qui tente de reconstituer la grande armée face à la menace russe. Sa compagne Eleanor lui annonce qu’elle est enceinte. Chose compliqué lorsque se prépare le grand combat face à Vakt qui contrôle nombre de russes grâce à son sang. La partie est-elle perdue ? Ludwig part avec Lithian, une magicienne (ou une scientifique ?) à la recherche de Mab : la France et l’Europe ont besoin de l’aide des autres mondes…

Une fin efficace

Ce quatrième tome conclut certaines intrigues, donne des réponses et dans son twist final amène un peu de paradoxe temporel et de science-fiction (je ne spoilerai pas !) : pourquoi pas ? On peut regretter ça et là quelques longueurs, qu’on finit par croire inhérentes au genre : on ne fait pas court en fantasy, c’est bien connu. Cependant, on sait un réel plaisir chez Baranger à terminer son histoire, un plaisir de conteur pour tout dire. On y est sensible. Donc un bon moment.

Sylvain Bonnet

François Baranger, Ars Obscura 4 : sorcier de sang, Denoël Lunes d’encre, novembre 2025, 624 pages, 24 euros

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