Braquage à Belfast, irish connection

Richard O’Rawe a une particularité : il a travaillé pour l’IRA qu’il connait très bien et était un sympathisant de la cause républicaine. Il est censé avoir écrit plusieurs ouvrages sur le conflit en Irlande du Nord. Roman de casse, Braquage à Belfast constitue sa première publication dans le beau pays de Molière et de Manchette.

Réussir son casse

« Y en a qui disent qu’on a la glandouille dans le sang, comme une maladie. Une chose est sûre : on n’en trouve pas dans les veines de James O’Hare, alias « Ructions ». Et encore moins quand il s’agit de cambrioler une banque. »

Ructions est un jeune criminel expérimenté, lié au milieu français, qui a décidé de cambrioler une banque pour un butin estimé à plusieurs dizaines de millions de Livres sterling. Il peut compter sur l’aide de son oncle Panzer, autrefois lié à l’IRA, et une tactique : enlever un proche d’un employé afin de le contraindre à l’aider. Et puis Eleanor Proctor, rencontré dans un concert, femme du directeur. Au début, il s’agit plus d’une passade mais Ructions l’a dans la peau. Il va lui du doigté pour que l’opération se passe bien car l’IRA va vouloir sa part et la police, avec l’inspecteur Clarke, va lui mettre quelques bâtons dans les roues.

Un livre très efficace

Rien à redire au fond sur ce Braquage à Belfast très bien structuré et doté de personnages solides et crédibles pour un lecteur lambda (l’auteur a roulé sa bosse en Irlande du nord). L’histoire, à défaut d’être originale, séduit par son ton. Notons aussi que l’auteur écrit des dialogues au couteau, c’est une qualité. La fin étonnera par une certaine candeur : pourquoi pas ?

Sylvain Bonnet

Richard O’Rawe, Braquage à Belfast, traduit de l’anglais par Dominique Jeannerod, Gallimard « Série noire », avril 2026, 416 pages, 22 euros

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