Avatar, exploration culturelle et scientifique de Pandora
Une entreprise ambitieuse

Sorti en 2009, le film Avatar a constitué une révolution visuelle, en partie grâce à la 3D. Il faut aussi souligner que c’était la première fois qu’un film essayait de créer une planète et une flore différente (même s’il faut le relativiser). Jean-Sébastien Steyer et Roland Lehoucq (le fameux président du festival des Utopiales à Nantes) ont réuni une équipe de scientifiques et de vulgarisateurs pour étudier cette planète fictive mais plausible (et située dans le système d’Alpha Centauri) : citons parmi l’équipe Frédéric Landragin, auteur de Comment parle un robot et Comment parler à un alien ? dans la collection Parallaxe.
Un univers ambitieux
Même si les deux suites ont pu décevoir, Avatar marque une rupture. James Cameron s’est attaché à rendre crédible son film d’un point de vue scientifique et du coup, il ne raconte pas n’importe quoi, y compris sur la rotation de cette planète et de sa lune autour de ses trois soleils (ce qui rappelle Le problème à trois corps). Les Na’vis apparaissent très proches des humains et de leurs croyances (ça tombe bien pour fabriquer des avatars) qui évoquent de loin les religions non-chrétiennes, voire un mysticisme et une cosmogonie new age proche de la mouvance hippie. On découvre également dans cet ouvrage les efforts déployés pour créer la langue des Na’vis. Et puis, au fond les humains sont sur Pandora pour un minerai rare (tout écho avec les terres rares est naturel), l’Unobtanium (un jeu de mot adroit, je vous laisse lire le chapitre).
La science et la science-fiction n’ont pas fini de débattre de dialoguer.
Sylvain Bonnet
Jean-Sébastien Steyer & Roland Lehoucq (sous la direction de), Avatar – Exploration culturelle et scientifique de Pandora, Le Bélial, illustration de couverture de Cédric Bucaille, octobre 2025, 288 pages, 19,90 euros
