L’évasion de Colditz, tromper la vigilance allemande
Voici un album dû à un duo d’artistes espagnols, Rubio et Jandro, sur un sujet méconnu : l’histoire de l’évasion d’officiers alliés détenus au cœur du IIIe Reich au château de Colditz.
Prêts à tout pour s’évader

Pilote au printemps 1940 pour le compte de la Royal Air Force, le capitaine Gérard Bonaventure est finalement capturé par l’armée allemande après que son avion ait été descendu. Forte tête, il tente de s’évader dès qu’il le peut et il est envoyé au château de Colditz, un lieu de détention pour officiers alliés où est appliqué la convention de Genève. Joueur d’échecs, le lieutenant Wagner le met au défi de réussir à s’évader. Bonaventure, après un premier échec et trois semaines à l’isolement, obtient d’être enfermé avec les Français. Il réussit à convaincre ses compatriotes de le rallier dans son projet et met à rude épreuve les nerfs des Allemands. Ceux-ci ont cependant plus d’un tour dans leur sac et se mettent à contrôler les colis. Bonaventure réussit en tout cas à unir tous les prisonniers autour de son projet…
La grande évasion en bande dessinée
Difficile en lisant ce premier tome de L’évasion de Colditz de ne pas penser au film de John Sturges (notons qu’il y a eu une minisérie sur le sujet dans les années soixante-dix). On a en effet ici des officiers prisonniers, des tentatives d’évasion très rocambolesques (et certaines réussissent). Visiblement, Rubio et Jandro se sont inspirés de faits réels, relatés par certains anciens prisonniers dans leurs mémoires. Notons pour la petite (et grande histoire) que les prisonniers français, sur l’insistance de ceux d’entre eux qui se disent partisans de Vichy, ont mis à part les officiers juifs et algériens, quelle ambiance… Le dessin de Jandro, parfois dynamique, s’avère très efficace. Une belle surprise donc que cet album.
Sylvain Bonnet
Rubio & Jandro, L’évasion de Colditz, traduit de l’espagnol par Satya Daniel, Glénat, mai 2026, 104 pages, 19 euros
