une histoire de l’assassinat politique en France

Une association étonnante

Médiéviste et professeur émérite à l’université Paris X, Colette Beaune est connue du grand public comme biographe de Jeanne d’Arc (Perrin, 2004) et Pour Naissance de la nation France (Gallimard, 1985). Elle s’associe ici à Nicolas Perruchot, ancien maire de Blois et député UMP du Loir-et-Cher pour nous donner une synthèse sur un sujet ô combien délicat, l’assassinat politique en France.

Un panorama très large

L’ouvrage propose une succession de chapitres centrés sur des assassinats célèbres depuis la fin du Moyen-âge : citons pêle-mêle Jacques de Molay, Louis d’Orléans, Henri III et Henri IV mais aussi Marat, le duc d’Enghien ou encore Sadi Carnot. De la monarchie à la République donc. On recense aussi des tentatives ratées, comme l’attentat de la rue saint Nicaise contre Bonaparte en 1800 ou celui du Petit Clamart contre le général de Gaulle en 1962. Le point commun selon les auteurs ? Tous ces actes témoignent d’une révolte contre l’ordre social et son garant, le Roi puis le Président. De quoi valider l’avis de certains (au premier rang le très médiatique candidat Eric Zemmour) selon lequel la France est le pays par excellence des guerres civiles. Ils ont en partie raison.

Un dernier chapitre étrange

La fin du livre se conclut par l’évocation de l’affaire Kadhafi qui « plomba » la carrière de l’ex-président Sarkozy. Le chapitre est long, intéressant, bien documenté… Mais peut-on réellement parler d’assassinat (symbolique bien sûr) ? De plus, vu d’ici, nous n’avons pas l’impression que cette affaire ait été si déterminante. D’abord parce qu’il y en avait d’autres. Et ensuite parce que c’est le bilan de Nicolas Sarkozy qui a été jugé par le corps électoral en 2012, son rival ayant fait une très bonne campagne. L’homme aurait pu revenir mais le scandale Bygmalion (péché véniel) et la dynamique de Fillon lui ont fait mordre la poussière lors des primaires de la droite en 2016. Reste cependant une synthèse intéressante.  

Sylvain Bonnet

Colette Beaune & Nicolas Perruchot, L’Assassinat politique en France, Passés composés, octobre 2021, 416 pages, 23 eur

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