DC Comics sans Superman, Wonder Woman et Batman [52, tome 3]

La minisérie 52 passe la sixième avant le 4e et ultime volume de la saga ! Tout l’univers DC Comics se reconstruit après la disparition des plus grands super-héros. Avec en chefs d’orchestre Geoff Johns, Mark Waid, Greg Rucka et Grant Morrison. Tout simplement une des meilleures mini-séries hebdomadaires jamais produite !

 

 

 

Rappelons rapidement le principe de la minisérie 52 : les principaux superhéros DC Comics sont aux abonnés absents. À cause de leur disparition, d’autres superhéros doivent prendre leur relève pour défendre notre planète. Parviendront-il à relever le défi et à supporter cette responsabilité ?

 

 

52, un comics d’une richesse impressionnante

De mai 2006 à mai 2007, DC Comics publie la série 52 à un rythme hebdomadaire (et pas mensuel, comme c’est généralement le cas aux États-Unis). Un choix qui implique de réunir un groupe de scénaristes conséquent et de coordonner leur travail avec précision. Côté artistes, DC Comics met les petits plats dans les grands avec quatre grands noms du monde des comics : Grant Morrison, Geoff Johns, Mark Waid et Greg Rucka ! La lecture de ce tome 3 est fascinante à plus d’un titre. Mais ce qui est le plus réussi, c’est surtout la manière dont les intrigues s’entrelacent les unes aux autres.

Morceaux choisis : Elongated Man tente de ressusciter son épouse assassinée ; Renée Montoya veut sauver la Question ; les alliés de Batman (et plus particulièrement la nouvelle Batwoman) veulent protéger Gotham de l’organisation criminelle appelée Intergang ; Lobo, Animal Man, Starfire et Adam Strange sont perdus dans l’espace où ils vivent des aventures cosmiques ; Lex Luthor « donne » des superpouvoirs à de jeunes gens ; Black Marvel, devenu souverain du Kandak, protège Osiris, le frère de son épouse ; Will Magnus, l’inventeur des Metal Men, est retenu sur une île peuplée de savants fous ; etc. On le voit, 52 est riche, et cette richesse est savamment orchestrée. À chaque épisode, on suit l’avancée des évènements de quelques intrigues seulement. Et bien entendu, certaines d’entre-elle se rejoignent avant de se séparer de nouveau. De quoi s’y perdre, mais heureusement la lecture en gros album facilite la compréhension générale.

 

 

Des révélations et des évènements importants

Ce troisième volet de la minisérie 52 est plus riche encore que les précédents. Les scénaristes y dévoilent un secret qui courrait depuis le début : qui se cache sous le masque de Supernova, le nouveau justicier mystérieux ? Une réponse jouissive, parfaitement dans le ton incroyable de la saga et qui vous poussera à relire certains passages des tomes 1 et 2 ! Ce tome 3 est aussi très émouvant avec (entre autre) la disparition de La Question, un personnage emblématique créé par Steve Ditko. Les scénaristes parviennent à rendre son agonie palpable et touchante. Un joli moment de comics, traité de manière sensible.

Enfin, ces épisodes mettent (enfin !) en avant le personnage de Batwoman, qui effectue ici son retour dans la version apparue pendant Infinite Crisis et qui perdure depuis (et qu’on verra bientôt adaptée à la télévision) : la pugnace Kate Kane, cousine de Bruce Wayne, qui a vécu une relation amoureuse avec l’inspectrice Renée Montoya ! Étant donnée la richesse des intrigues, difficile de faire le tour des surprises et révélations de ce tome 3. Mais on sent que l’histoire globale s’emballe, que les scénaristes commencent à conclure leurs intrigues, avec une énergie particulièrement agréable à lire !

 

 

Des bonus intéressants

52 avait été publié jusque-là uniquement en périodiques. Cette réédition signée Urban Comics est agrémentée de bonus nombreux et de qualité. Chaque épisode est commenté sur une page par un des artistes (scénariste, dessinateur, ou même editor). Leurs explications permettent de redécouvrir chaque numéro avec un œil nouveau, un point de vue intérieur, presque depuis les coulisses. Si les commentaires sont souvent très « corporate » (tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil), ces témoignages permettent de mieux comprendre la manière de travailler des 4 grosses pointures derrière 52. Ils mettent aussi en avant comment certaines erreurs ont pu être rattrapées voire même générer des effets plus intéressants que le script originel. Ajoutez à cela des extraits (traduits) des scénarios, et vous obtenez une très belle édition française. Rendez-vous fin septembre pour la conclusion de ce qui est selon moi la meilleure série hebdo DC jamais produite.

 

Stéphane Le Troëdec

 

Geoff Johns, Grant Morrison, Mark Waid, Greg Rucka (scénario), Keith Giffen, Joe Bennett, Pat Olliffe, Eddy Barrow (dessin), 52, tome 3, Urban Comics, collection DC Classique, juin 2018, 320 pages, 28 euros

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