Celles qui ne dorment pas, les secrets de la grotte

Une romancière à succès

Dolores Redondo s’est fait connaître avec la trilogie du Baztán et son enquêtrice Amaia Salazar, le premier tome a même été adapté au cinéma. Citons parmi ses réussites La face nord du cœur (Gallimard, 2021), une sorte de prequel mettant en scène Salazar, et En attendant le déluge (Gallimard, 2024). Dans ce dernier roman, on découvrait comment le policier écossais Noah Sherrington, malade du cœur, traquait un tueur en série jusqu’en Espagne. Celles qui ne dorment pas prend la suite de ces romans.

Le passé recrache la mort

« D’après une ancienne légende du Pays basque, les grottes les plus profondes de la terre sont peuplées d’infernaux taureaux rouges, des gardiens diaboliques qui surveillent jalousement les trésors qu’elles abritent, les secrets qu’on y a enterrés et l’accès au royaume des morts. On raconte qu’ils sont les maîtres légitimes de ces endroits, les âmes de ceux qui sont confinés là où sont confinés les esprits protecteurs régies par la Terre-Mère. »

Février 2020. Nash Elizondo (son prénom dérive d’une série de procédures médico-légales) et son équipe d’archéologues explorent une grotte et y découvrent un cadavre. Celui d’une jeune fille, Andrea Dancur, disparue depuis trois ans. Une femme, Salomé, compagne de sa mère Helena, a été arrêtée et emprisonnée suite à cette disparition qui a tout, vu les indices, d’un meurtre. Elizando reprend les investigations, interroge des proches et comprend que tous, du père au grand-père maternel, magnat local, cachent quelque chose. Mais Nash Elizondo subit un drame : elle perd sa mère. C’est brutal. Elle fait face aussi à une société rurale marquée par l’histoire et la superstition. Seule une inspectrice de la Police forale de Navarre nommée Amaia Salazar saura au fond l’aider. Le confinement lié au COVID ne va pas aider Elizondo, son ancien amant Laurent Herzog non plus…

Un roman somme

On a au fond l’impression que Dolores Redondo fait ici un récapitulatif de son œuvre. Elle cite son précédent roman en en ramenant les personnages, place son héroïne iconique Amaia Salazar et cite même son propre nom : renversant. L’intrigue est très prenante, peignant une famille plus dysfonctionnelle avec des hommes qui, au fond, ratent tout (voire pire). Pourquoi pas ? Un polar qu’on n’oublie pas.

Sylvain Bonnet

Dolores Redondo, Celles qui ne dorment pas, traduit de l’espagnol par Isabelle Gugnon, Gallimard « Série noire », mars 2026, 592 pages, 21 euros

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