Marathon – 490, la surprise grecque
À la fois journaliste (on lui doit des enquêtes très fouillées en économie pour Challenges ou l’émission Capital) et historien, Éric Tréguier a publié un grand nombre d’ouvrages dont un Pourquoi Hannibal n’a pas pris Rome (Economica, 2013) qui témoignait de son intérêt sur les questions militaires pendant l’Antiquité). Ici il se penche sur la bataille de Marathon.
Une bataille dans un conflit de longue durée

La bataille de Marathon s’inscrit dans la longue durée des guerres médiques qui voit les cités grecques menées par Athènes et Sparte affronter le puissant empire perse. Mais le conflit a des racines. Il débute en fait quand la Perse s’empare des cités grecques de la côte anatolienne à la fin du sixième siècle avant notre ère. Certaines cités se révoltent contre Darius Ier, avec le soutien d’Athènes. La cour du grand roi accueille aussi un grand nombre d’exilés dont Hippias, le dernier des Pisistratides qui ont régné sur Athènes. Tous ces exilés souhaitent reprendre leur place à la suite d’une expédition perse victorieuse. Il est probable que Darius Ier n’ait pas complètement pris la mesure du potentiel militaire grec. Les Perses connaissaient en tout cas la puissance des hoplites grecs dans une bataille rangée et leur armée était très solide.
Marathon et après
En – 490, Darius a certainement comme ambition de châtier Athènes. La cité n’est pas prise au dépourvu et s’organise. Si Sparte n’envoie pas de troupes à temps, Athènes peut compter sur Platées. Les hoplites alliés surprennent l’armée perse à la veille de son embarquement. C’est une victoire grecque. Pour autant, Éric Tréguier montre ici et là les invraisemblances du récit proposé par Hérodote, particulièrement sur le fait que les soldats grecs sont revenus sur Athènes dans la journée au pas de course (avec tout leur équipement). Il étudie aussi la géographie du lieu de la bataille, à peu près identifié. Marathon ouvre le cycle de la prépondérance athénienne qui sera bien établie dix ans plus tard avec la victoire de Salamine, mais c’est une autre histoire.
Sylvain Bonnet
Éric Tréguier, Marathon – 490, Perrin « champs de bataille », mai 2026, 272 pages, 25 euros
