Elles rêveront dans le jardin de Gabriela Damián Miravete
Voici douze nouvelles qui nous emportent loin, dans divers imaginaires, en terre mexicaine. Nous assistons au procès en sorcellerie d’une nonne qui invente l’ancêtre du gramophone. Au cours d’un trip touristique psychédélique, nous découvrons une fleur cosmique qui nous fait nous unir en télépathie. Nous connaissons plus d’une fin du monde, suite à un déluge. Une communauté matriarcale s’organise parfaitement, celle des hommes périclite… L’auteure nous offre également une version mexicaine du conte de Blanche-Neige.

Dans la dernière nouvelle qui a donné au livre son titre, des élèves parcourent un jardin rempli d’hologrammes, comme autant de rêves. Les enfants sont surpris de traverser les corps : ce sont ceux de femmes mortes violées, violentées, simplement assassinées par leurs petits copains, leurs pères quelque peu violents, par des chefs abusifs… Elles sont exposées dans un but pédagogique… Rappelons que le Mexique détient le triste record du nombre de féminicides en Amérique latine : en 2021, 3 751 femmes ont été assassinées, soit une dizaine par jour.
Gabriela Damián Miravete est née à Mexico. Ses récits ont été traduits en six langues et publiés dans des anthologies finalistes des prix Hugo et World Fantasy. Son premier recueil Elles rêveront dans le jardin a remporté le prix Shirley Jackson en 2023, et la nouvelle éponyme le prix Otherwise en 2018.
L’auteure semble spécialisée dans la littérature de fiction, voire de science-fiction spéculative. Ses voyages imaginaires ne sont jamais dénués d’une pensée autour des morts qui nous parlent encore, d’une fin du monde qui vient, qui parfois est déjà venue, d’une réflexion sur le sort réservé à la moitié de l’humanité qui, dans plus d’une nouvelle a décidé de ne plus se laisser abuser;
Mathias Lair
Gabriela Damián Miravete, Elles rêveront dans le jardin, traduit de l’espagnol par Margot Nguyen-Béraud, Elles rêveront dans le jardin, Rivages Imaginaire, janvier 2026, 224 pages, 21 euros
