Ultima, une enquête périlleuse
Autrice de romans policiers à succès comme Quai des enfers (Gallimard, 2010), Angle mort (Gallimard, 2013), Haute voltige (Gallimard, 2017), La vague (les arènes, 2019), Ingrid Astier s’est imposée comme une valeur sûre du polar français. La voici de retour à l’automne dernier avec Ultima, où elle renoue avec Rémi, le personnage de Quai des enfers.
Une mission bien particulière
« Il y eut d’abord un premier flocon. Rémi l’avait senti sur sa joue. Il se demanda si, dans le ciel, comme sur terre, il y avait un éclaireur. Quelqu’un pour se lancer. Quelqu’un pour braver le sort. Un flocon plus courageux que les autres, en somme. Puis la neige se décida vraiment à tomber. Elle dansait dans le ciel gris de Paris, elle posait son délicat plumetis.
Les voitures se mirent à ralentir, les enfants à sourire.
Alors ce fut vraiment Noël. »

Noël oui mais pas pour tout le monde. Rémi, tireur de l’anti-gang et ancien de la brigade fluviale, est appelé. On lui confie une mission confidentielle : protéger le magnat des médias Richard Schönberg pour un grand raout que ce dernier organise au Musée des arts forains. N’ayant pas de famille, Rémi accepte volontiers… Mais la fête tourne mal. Il y a des tirs et un député européen, Marc Devrier, est tué. Aussitôt tombe une revendication de l’EI… bidon. Il y a autre chose, surtout que sort un communiqué dévoilant les turpitudes et la corruption de Devrier. Rémi et les collègues de la Crime reprennent l’enquête. Quitte à gêner un Schönberg avec qui ils vont devoir s’allier…
Un polar efficace
Rien à dire sur Ultima, roman très efficace concocté par une Ingrid Astier qui maîtrise techniquement le genre. On a une enquête (l’auteure connaît bien les procédures de la police), avec des personnages « gris » (c’est-à-dire qu’ils échappent à un manichéisme binaire et gnangnan) et un héros disons blessé : le lecteur s’identifiera à lui. Ultima s’inscrit aussi dans un contexte politique où des députés européens ont récemment été accusés de corruption, un atout pour susciter l’intérêt du lecteur. Ultima plaira donc à beaucoup.
Sylvain Bonnet
Ingrid Astier, Ultima, Gallimard « Série noire », octobre 2025, 448 pages, 21 euros
