Triompher en festins, une histoire de France en vingt repas

Journaliste et aussi écrivain, Jonathan Siksou est connu pour son livre Vivre en ville, qui a notamment reçu le grand prix de l’académie française en 2024. Le voici de retour avec Triompher en festins, paru chez Perrin au début de l’année. Et si l’histoire de France pouvait se résumer par de bons dîners ?

Le pouvoir et la table

On aurait tort de négliger l’importance d’une bonne table, signe de prospérité et aussi de pouvoir : un souverain qui reçoit dignement ses hôtes manifeste ainsi sa puissance. Il en est ainsi au Moyen-âge, où Jonathan Siksou raconte comment Saint Louis reçoit Henri III d’Angleterre à Paris, scellant ainsi une paix qui durera un peu plus que les précédentes. Il en est ainsi trois siècles plus tard lors du camp du drap d’or en 1520 où François Ier er Henri VIII rivalisent en matière de festins : avantage au français (mais il ne gagnera pas l’alliance de l’anglais face à Charles Quint). A trop bien recevoir, on peut parfois tout perdre : c’est le cas de Fouquet à Vaux-le-vicomte en août 1661, un sommet de gastronomie et une manifestation de sa gloire qui, bien sûr, ne peut qu’insupporter le jeune Louis XIV qui a déjà, de toute façon, pris sa décision… Un bon festin peut être aussi l’occasion de récompenser ses troupes, comme Emmanuel Macrin l’a fait lors du repas de Noël en 2017,

Naissance de la gastronomie à la française

Ces vingt repas racontés avec brio par Jonathan Siksou sont aussi une occasion de montrer comment naît la gastronomie à la française. On y croise Vatel puis Carême, le fameux cuistot de Talleyrand (mais pas que). On voit aussi le rôle de certains aristocrates comme le maréchal de Richelieu, propagateur de la mayonnaise. Une gastronomie qui s’exporte aussi, via un paquebot comme le Normandie qui, dès sa mise à l’eau, propage les bons repas à la française. Une histoire étonnante et jamais ennuyeuse et c’est normal car estomac mal rempli est source de malheur…

Sylvain Bonnet

Jonathan Siksou, Triompher en festins, Perrin, janvier 2026, 320 pages, 23 euros

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