Une espèce en voie de disparition, une uchronie noire

Auteur remarqué de Central Station (Mnémos, 2024) et de Neom (Mnémos, 2025), l’israélien Lavie Tidhar est une voix qui s’impose de plus en plus dans le milieu de la science-fiction. Il revient ici avec une uchronie, Une espèce en voie de disparition, publiée dans la collection « Une heure-lumière » des éditions Le Bélial. Le résultat vaut le détour.

Dans Londres, ville nazie

« Dans les années 1950, pendant la reconstruction de Londres, une imposante grande roue avait été érigée sur la rive sud de la Tamise. Lorsque la l’attraction ouvrit, la tour coûtait deux reichsmarks. Toutefois, elle était alors peu fréquentée ; le Londres d’après-guerre n’attirait pas vraiment les touristes. »

Nous voici à Londres après la victoire des nazis sur les Alliés. L’Angleterre dans laquelle débarque Gunther Sloam, ancien scénariste de cinéma de deuxième zone et vétéran de la guerre à l’est. Son but est simple : retrouver Ulla Blau, une starlette du cinéma avec qui il a eu une intense liaison et qui vient de lui écrire une lettre pleine d’inquiétude. Dès son arrivée, Sloam est sous la surveillance de la gestapo locale. Surtout qu’un cadavre est retrouvé, le voilà soupçonné de meurtre… et libéré. Ulla Blau semble morte, Sloam s’échine alors à chercher la vérité dans un Londres interlope et peu recommandable où survivent même des ennemis déclarés des nazis et des juifs…

Une franche réussite

Une espèce en voie de disparition est réellement un récit très enthousiasmant, qui rappelle notamment le cycle du “subtil changement” de Jo Walton et le roman Fatherland de Robert Harris, avec un zeste de roman noir : un très bon mélange ! une excellente surpris en tout cas de ce début d’année très morose qu’il convient de recommander.

Sylvain Bonnet

Lavie Tidhar, Une espèce en voie de disparition, traduit de l’anglais par Julien Bétan, Le Bélial « une heure-lumière », illustration de couverture d’Aurélien Police, janvier 2026, 112 pages, 11,90 euros

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