Sursaut, quel redressement?

L’homme qui a vu venir la catastrophe

Universitaire et éditorialiste au Point, Nicolas Baverez, disciple de Raymond Aron, s’est fait connaître du grand public avec un essai paru en 2003, La France qui tombe. Ce livre avait causé pas mal d’émois, choquant par son diagnostic pessimiste : Baverez décrivait un pays déclinant, en déficit commercial, en proie à une perte de compétitivité inquiétante et victime d’une explosion de la criminalité. Excessif, trop libéral, déclinologue patenté pour beaucoup de commentateurs du début des années 2000, Nicolas Baverez fait aujourd’hui figure de visionnaire tant la situation du pays est désormais critique. Sursaut est une sorte de suite à La France qui tombe.

Sur la pente descendante

Sursaut commence par reprendre la litanie de tout ce qui va mal dans le beau royaume de France. Le Krach de 2008 a plongé le pays dans la récession puis la stagnation. Le COVID a révélé aux Français la fragilité d’un système de santé exsangue et soumis à la bureaucratie des ARS tandis que la guerre en Ukraine et la fin de la garantie de sécurité américaine met à bat la diplomatie erratique d’Emmanuel Macron qui parle désormais de la possibilité de déployer des troupes au sol… Avec quels soldats, quel matériel ? La dissolution ratée de 2024, un caprice d’enfant gâté, a placé l’extrême-droite prorusse aux portes du pouvoir. Sans compter l’effondrement de la démographie, le défi migratoire et le changement climatique. La France peut-elle surmonter ces périls ?

Et si ?

À ce stade, on se sert un whisky bien tassé car franchement… Pourtant Nicolas Baverez croit en la capacité des Français au sursaut, titre de son livre. Et il a raison : en 1958, la France était au bord du précipice et Charles de Gaulle a renversé la vapeur en quatre ans, assainissant l’économie, mettant fin à la stupide guerre d’Algérie et donnant à la France une constitution stable (désolé LFI). Baverez préconise aussi une réforme de l’état avec la fin du millefeuille territorial, le rétablissement de l’ordre régalien, une réforme de l’éducation fondée sur l’excellence et le mérite et un effort marqué sur la Défense. Autrefois, je critiquais Baverez, aujourd’hui je l’écoute. Mais qui pour porter ce sursaut ? A lire si, comme lui, vous observez inquiet le cher et vieux pays en vous posant cette question : que faire ?

Sylvain Bonnet

Nicolas Baverez, Sursaut, Alpha, septembre 2025, 240 pages, 8 euros

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