Histoire du royaume de Naples, un pays oublié

Spécialiste du monde méditerranée, Alain Blondy est le récent auteur d’une biographie très intéressante d’une sœur de Marie-Antoinette, Marie-Caroline, reine de Naples et adversaire implacable de Napoléon, paru en 2025 chez Perrin. Ce n’est donc pas si étonnant qu’il fasse paraître cette année une Histoire du royaume de Naples, toujours chez Perrin.

Une histoire ancienne

Naples et sa région connaissent une destinée particulière dès la fin de l’empire romain en étant récupéré dès le Vie siècle par… Byzance, la Rome de l’Orient. L’arrivée des Lombards trouble le jeu mais l’influence Byzantine perdure jusqu’au XIe siècle, malgré la perte de la Sicile, conquise par les arabes avant d’être reprise par les Normands de Robert Guiscard. Ce dernier fonde une dynastie dont Roger II sera le plus illustre représentant, avant que par le jeu des mariages, la Sicile et Naples échoient à Frédéric II de Hohenstaufen, Stupor mundi et empereur du Saint Empire Romain Germanique. Frédéric II marque son époque, se montre tolérant envers ses sujets musulmans de Sicile, récupère Jérusalem. Mais son conflit avec la papauté dégénère au point que sa famille fait l’objet d’une vendetta qui amène Rome à appeler un frère de Saint-Louis, Charles d’Anjou, à récupérer Naples et la Sicile. Le capétien se montre si brutal qu’il provoque un choc en retour avec les vêpres siciliennes en 1282, la Sicile quittant son orbite pour appeler le roi d’Aragon, mariée à une descendante de Frédéric II. Naples et la Sicile se feront longtemps face, avant d’être réunifiés.

Un royaume méditerranéen

Naples sera un des théâtres des guerres d’Italie. Pour autant, ce sont les Habsbourg qui récupèrent le royaume et qui l’administrent avec des vice-rois plus ou moins inspirés, souvent en première ligne de l’affrontement avec l’empire Ottoman. La guerre de succession d’Espagne rebat les cartes en Europe, Naples et la Sicile étant alors attribués à la maison de Savoie avant que les Bourbons d’Espagne ne les récupèrent. Le futur Charles III d’Espagne se montre un bon souverain, son fils Ferdinand IV (époux de Marie-Caroline) moins. L’épisode de la république parthénopéenne montre en tout cas l’attachement des Lazzaroni et du peuple calabrais pour la dynastie, attachement qui ne suffira pas en 1860 face à Garibaldi et Victor-Emmanuel… Voilà en tout cas une histoire passionnante qu’on recommande, tant le sujet, après l’unification de l’Italie, est devenu terra incognita dans notre belle contrée francophone.

Sylvain Bonnet

Alain Blondy, Histoire du royaume de Naples, Perrin, février 2026, 400 pages, 24 euros

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