Un homme raisonnable… qui finit par déraisonner

Réalisatrice de documentaires pour Canal + et France 3, Hélène Couturier est aussi écrivain et a publié Fils de femme (Rivages, 1996) et des romans pour la jeunesse, notamment Bye Bye Hollywood chez Syros. La voici de retour avec Un homme raisonnable, un polar un peu particulier.

La balade d’Orso

« Orso Orsini entendait dire qu’il ne répondait pas aux stimuli habituels, qu’il était dans le coma. Il savait peu de choses en médecine mais il savait que le coma, c’était ne plus avoir de conscience. Or, il entendait et il sentait les mains qui se posaient sur lui. Il avait toute sa mémoire aussi. Il n’aurait pas dû suivre Ernesto mais il l’avait suivi. Il n’aurait pas dû suivre Blandine mais il l’avait suivie. La péniche. Les miroirs. Le tueur. Les coups de feu. Le sang. »

Comment Orso Orsini en est arrivé là ? Tandis que son fils adoré s’est engagé dans l’humanitaire, Orso, corse d’origine, apprend que sa femme Montse (enfin sa compagne, c’est pareil) passe tout son temps avec un Cubain nommé Ernesto. Orso se met à suivre ce possible amant dans Paris. Et voici qu’on le retrouve mort : Orso est soupçonné par la policière Blandine Blanco. Mais Orso n’est pas le coupable, l’enquête mènera dans le milieu de l’art. Orso, homme obsédé par son passé, à la dérive comme Burt Lancaster dans The Swimmer, sauvera Blandine. A quel prix ?

Polar existentiel

Il y a des morts et des crimes dans Un homme raisonnable mais, au fond, l’enjeu est ailleurs. Il est dans le portrait de cet homme, tellement corse, qui a choisi de vivre sur le continent. Un type qui ne voulait pas d’enfant et qui s’est retrouvé père (et il adore son fils), un type fou de sa femme et qui la voit le tromper… Un homme marqué aussi par son enfance. L’auteure a choisi de structurer son roman en chapitres courts, rapides, d’où une narration soutenue. Un choix payant car on ne lâche pas ce roman. A vous de lire.

P.S : voyez The Swimmer avec Burt Lancaster.

Sylvain Bonnet

Hélène Couturier, un homme raisonnable, Rivages, janvier 2026, 280 pages, 21 euros

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