Conan le Cimmérien – La Fille du géant du gel

Ode à la barbarie et à la puissance vitale, La Fille du géant du gel est une nouvelle de Robert E. Howard admirablement adaptée par un Robin Recht déjà impliqué dans la série Elric et, ici, très inspiré.

Quelque part dans le Nordheim, contrée proche des terres vikings, deux tribus s’affrontent depuis des générations, chaque année, et le survivant espère que la déesse viendra le chercher pour lui offrir l’immortalité des guerriers bénis, un wahalla. Au coeur de la bataille sanglante, alors qu’une frêle jeune femme à l’impressionnante chevelure rousse ne cachant pas même sa nudité observe les efforts des mortels pour se faire remarquer d’elle, une puissance inconnue surgit. C’est Conan, au coeur de la mêlé, qui surpasse tous les adversaires.

Après une course poursuite dans la neige, Conan atteint le sommet sacré puis chute dans une crevasse et doit s’échapper en résistant aux âmes des anciens guerriers qui ont échoué ici. Cette remontée vers la vie est aussi un métaphore d’une renaissance par la puissance (sexuelle) de cet homme surpuissant qui va mettre toute sa démesure dans sa rage de vaincre. Et la déesse apprendra que Conan n’est décidément pas un homme comme les autres…

Ne cachons pas notre enthousiasme : cet album est d’une beauté !

L’adaptation par Robin Recht est admirablement howardienne, tant pour le déroulé du scénario que de l’ambiance, les combats féroces et la barbarie. Tout cela est servi par un art graphique hors norme, puissant, aussi bien dans les détails que dans le souffle épique qui rend si bellement hommage à l’ouvre d’Howard.

Loïc Di Stefano

Robin Recht, La Fille du géant du gel, d’après l’œuvre de Robert E. Howard, Glénat, « Conan le cimmérien », décembre 2018, 80 pages, 14,95 eur

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