A vol d’oiseau, longue vie à Longmire

Craig Johnson, un pilier du polar américain

Ancien flic, et titulaire d’un doctorat en art dramatique, Craig Johnson a aussi exercé d’autres métiers comme charpentier, cow-boy ou conducteur de camion. Il a donc roulé sa bosse à travers les Etats-Unis avant de s’installer dans le Wyoming et de publier des romans qui ont tous comme héros le personnage de Walt Longmire, shérif du comté fictif d’Absaroka. A vol d’oiseau débute quand il… marie sa fille.

Des préparatifs d’un mariage à une enquête pour meurtre

« – Je voudrais bien savoir ce qu’a fait Katrina Walks Nice pour se faire virer d’un rade comme celui-là pendant soixante et un jours.

Je commençais à avoir des doutes sur la composition de l’équipe de négociateurs que j’avais amenée avec moi pour convaincre le chef de la tribu des Cheyennes du Nord d’accepter que ma fille se marie à Crazy Head Springs. »

Le shérif Walt Longmire est plongé dans les préparatifs du mariage de sa fille Cady, en compagnie de son ami Henry Standing Bear surnommé l’Ours. En plein repérages, ils sont témoins de la chute mortelle d’une jeune femme, Audrey Plain Feathers, qui tombe d’une falaise. Longmire et l’Ours se rendent sur place, voient expirer la jeune fille… et découvrent un nouveau-né, encore en vie. Ils emmènent le bébé à l’hôpital et Walt Longmire est rapidement pris à partie par la cheffe de la police tribale, Lolo Long. Ancien soldat devenue policière, Lolo Long apprend son métier et choque Longmire par son absence d’expérience. Elle est aussi une amie d’Audrey et veut tout faire pour attraper le meurtrier. Et voilà que le FBI pointe le bout de son nez : le chemin sera long jusqu’au mariage de Cady…

Un polar solidement charpenté

À vol d’oiseau séduit par son atmosphère : Craig Johnson, à travers son intrigue policière un peu tarabiscotée, excelle à peindre le milieu des indiens américains, à mi-chemin de leurs traditions et d’une modernité où ils peinent à trouver leur place (et ce n’est pas faute d’essayer). Les personnages de Lolo Long et bien sûr de l’Ours sont très réussis. Narrateur du roman, Longmire s’impose par son regard, toujours dans l’observation et jamais en train de juger, fidèle en cela au ton du roman noir, celui d’Hammett, Ellroy, Burke aussi. Bien sûr, Tony Hillerman se rappelle à notre mémoire si on songe à la description offerte ici des réserves indiennes. Au final, voici un polar attachant, âpre et dur qu’on ne peut que recommander aux amateurs.

Sylvain Bonnet

Craig Johnson, À vol d’oiseau, Gallmeister collection « totem », traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, novembre 2025, 432 pages, 11,90 euros

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