L’humain survivra-t-il à la machine ?

Avec L’Humain, Lucas Varela reste dans sa veine artistique appréciée que l’on retrouve notamment dans Le Jour le plus long du futur chez Delcourt en 2015 ou encore Paolo Pinocchio chez Tanibis en 2012. Vous allez découvrir que Diego Agrimbau, lui aussi argentin, nous interroge sur l’homme et la machine qu’il conçoit et pourrait à terme le remplacer, beaucoup plus fiable que l’humain ? Vaste sujet.

June Klauss docteure en cyberanthropologie. La plus brillante de sa génération, elle est ta créatrice et aussi mon épouse. »

Un projet fou pour reconquérir la terre

Un couple de scientifiques embarque dans une navette pour y hiberner et rester en orbite de la Terre pendant 500 000 ans. Puis ils redescendront pour la recoloniser et y prospérer, accompagnés des nombreux robots conçus pour les assister.

Robert arrive sur terre après une chute sans retenues, sauvé de justesse par Alpha, l’un de ses robots. Ce premier découvre ce qu’est devenu la Terre, dorénavant peuplée d’animaux sauvages et mystérieux. Ils mettront quelques heures à retrouver la capsule de June, la femme de Robert, mais elle est morte depuis 50 ans ayant atterrie une centaine d’années trop tôt. Robert est effondré et se rend compte que le projet de repeupler leur Terre est anéanti.

J’ai compris un truc, je n’ai personne d’autre pour me juger, donc mes caprices sont la seule loi qui vaille. C’est moi qui décide du bien et du mal. C’est mon privilège et mon châtiment. »

A partir de là il va sombrer dans des délires égocentriques, reprogrammer les robots avec des restes de sortes de gorilles tués pour se défendre, asservir les quelques singes qu’ils attrapent jusqu’à s’auto proclamer Roi en son royaume. Finalement, il va imaginer un projet fou : repeupler la terre ! Mais il va falloir faire avec les multiples animaux étranges qui dorénavant pullulent, et qui ne sont finalement que les dégénérescences des animaux et des humains restés des milliers d’années sur la terre inhabitable…

Seuls peut être les robots s’opposeront à ce projet ?

Adam & Eve version futuriste

Lucas Varela a un style très reconnaissable et unique. Il illustre notamment les articles du très sérieux Financial Times. Il se révèle talentueux dans ses dessins numériques tout en rondeur en donnant aux personnages du tempérament, voire de la fureur. Et il a su inventer des animaux humains incroyables.

De son côté Diego Agrimbau revisite intelligemment le mythe d’Adam et Eve. Mais surtout il nous rappelle deux choses. D’une part la fin irrémédiable de la Terre telle que nous la connaissons. Et d’autres part la vanité humaine et son envie irrépressible de toujours vouloir gouverner, s’imposer et imposer sa loi aux autres.

Xavier de la Verrie

Diego Agrimbau (scénario) et Lucas Varela (dessin), L’Humain, Dargaud, août 2019, 144 pages, 21 eur


Laisser un commentaire