Corps-à-corps, le combat rapproché pendant la Première Guerre mondiale
Spécialiste des pratiques du combat rapproché pendant la grande guerre, Dimitri Chavaroche publie avec Corps-à-corps un ouvrage qui, on va le voir, nous immerge dans le quotidien du Poilu lors de l’assaut.
Des pratiques très diverses

Quand on pense au combat rapproché durant la grande guerre, on pense à des films : Les sentiers de la gloire, Pour l’exemple. On pense aux tranchées et à l’assaut des fantassins, mitraillés par l’adversaire. Le premier mérite de Dimitri Chavaroche est de replacer ces images faciles dans l’histoire. Au final, les fantassins ne montent pas tant que ça à l’assaut. Et puis les soldats utilisent toute une gamme d’armes : le fusil, le pistolet, le couteau, la baïonnette bien sûr et les grenades. Notons que les usines françaises produisent massivement des grenades, de plus en plus fiables au fur et à mesure que le conflit avance. Enfin, au moment de l’assaut, tous les soldats ne se valent pas. Il y en a qui se révèlent plus performants que les autres et qui « assurent » la réussite le cas échéant (phénomène bien identifié par Michel Goya).
Les corps francs et les nettoyeurs
Les corps francs, montrés au cinéma dans le très bon Capitaine Conan de Bertrand Tavernier, se développent plus le conflit dure. Leur but est de montrer des opérations spéciales, parfois derrière la ligne de front, pour perturber l’ennemi, ramener des informations aussi. Mais les membres des corps francs sont aussi des soldats, contrairement à ce qui s’est passé durant la guerre de 1870, et de fait cadrés par l’armée. Certains généraux se méfient d’eux, d’autres en font la réponse française aux Sturmtruppen allemands. Notons aussi qu’il existe des nettoyeurs, des soldat (souvent des repris de justice) chargés de vérifier les tranchées prises à l’ennemi, de capturer les soldats allemands cachés et/ou de les abattre en cas de résistance. On est loin de tout savoir sur la grande guerre ! Essai très instructif.
Sylvain Bonnet
Dimitri Chavaroche, Corps-à-corps, Passés composés, novembre 2025, 250 pages, 23 euros
