Les jardins du temps, plongée dans la brume 

Française née au Japon, Emilie Querbalec est devenue une auteure à suivre de la science-fiction française depuis la parution de Quitter les monts d’Automne (Albin Michel,2020), qui a remporté le prix Rosny Aîné, et Les chants de Nüying (Albin Michel, 2022), space opera très ambitieux. Et puis il y a Les Sentiers de Recouvrance (Albin Michel, 2024), roman très émouvant et dotée d’une ambiance singulière qui laisse un souvenir ineffaçable. Que vaut Les jardins du temps ?

Un temps fractionné

« Toute la nuit, le dieu Dragon avait murmuré au creux de l’oreille de Seishin, se glissant dans ses songes comme un mince filet de brume. Réveillée à l’heure du Tigre, elle s’habilla rapidement et sortit de sa chambre. Aux bruits discrets en provenance des cellules occupées par ses Sœurs, elle sut qu’elle n’était pas la seule à avoir du mal à trouver le sommeil. »

Japon, fin du XVIe siècle à l’ère shogunale. Les troupes du seigneur Oda Nobunaga se lancent à l’assaut d’un monastère du dieu Dragon, abritant des moniales qui cultivent un rapport singulier au temps. Le temple tombe malgré l’opposition des sœurs particulièrement combattantes mais le Dieu se manifeste… Ce qui n’empêche pas la perte d’une relique inestimable et une malédiction semble lancée. Quatre siècles plus tard, on retrouve dans un cimetière une tête tranchée lors de ce combat. Or la tête n’est pas décomposée et semble encore vivante. Et le temps semble s’écouler très lentement dans ce cimetière, signe de perturbations de plus en plus croissantes.

Puis, dans le futur, dans un Japon dépeuplé, des survivants tentent de vivre face aux émergences, des morceaux d’autres ères qui font irruption dans le présent. Et si c’était une chance ?

Un roman vraiment pas comme les autres

Difficile de résumer Les jardins du temps, roman sur le voyage du temps… mais qui conteste la notion de linéarité du temps au profit d’une vue plus… circulaire : je vous laisse lire pour comprendre. Et puis c’est aussi une immersion dans la culture japonaise, toujours exotique pour l’occidental que je suis. Envoûtant au fond.

Sylvain Bonnet

Emilie Querbalec, Les jardins du temps, illustration de couverture d’Anouck Faure, Albin Michel « imaginaire », avril 2026, 352 pages, 21,90 euros

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