La Boulonichon, la BD hilarante sur le cancer du sein

Plutôt que de s’apitoyer sur le sort qui frappe les femmes atteintes du cancer du sein, Evemarie écrit La Boulonichon, une histoire dont l’intelligence et l’humour sont salvateurs. Peut-on rire de tout ? Peut-on rire du cancer ? Peut-on faire rire des situations d’une femme lancée dans la longue épreuves du cancer du sein ? Pari risqué, mais pari gagné !

Le mal rose

Le cancer du sein touche 60 000 femmes tous les ans en France. Si la lutte contre ce cancer bénéficie d’une mise en avant annuelle et d’un soin particulier dans la prévention, chaque expérience est une souffrance individuelle. Elle attaque la femme dans ce qu’elle a de plus strictement féminin.

Parmi toutes ces victimes, Clémentine. C’est une quarantenaire heureuse en couple, épanouie, qui se découvre une grosseur au sein. Pris d’abord à la légère, c’est bien vite le parcours obligé : examens, douloureux et parfois humiliants, inquiétude… Au point que son humour, très potache, commence à se fissurer contre la réalité. Le mari est un soutien très fort, et même si au départ un nichon plus volumineux le laissait plutôt rêveur, il est une part non négligeable de la force de Clémentine.

Vis comica

La Boulonichon est un récit court, qui se lit par séries de petits strips sur deux pages en quatre cases. L’histoire avance, et les personnages se succèdent : le mari, la mère, le médecin, la meilleure copine, la secrétaire médicale, les spécialistes… Et cette dame croisée avant une séance angoissante qui saura en peu de mots et avec beaucoup d’humanité rendre sa confiance à notre héroïne, qui en avait grand besoin. Car rire ne suffit pas, il faut être soutenu. Et certains personnels hospitaliers en prennent pour leur grade, niveau humanité et bienveillance…

La Boulonichon est un excellent remède contre les appréhensions. Parce que son humour (souvent très potache, mais tellement drôle : pourquoi faut-il que le spécialiste soit le Docteur Loche ?…) permet surtout de suivre le parcours de Clémentine sans gène, et de passer en douce toutes les informations sur le parcours de la combattante qui attend toutes celles qui auront à subir ce cancer du sein, avant, pendant et après le traitement, sans rien cacher (de la lingerie spécifique et du vendeur très rigide à la perruque, aux douleurs, à la perte d’envie de vivre…). La Boulonichon n’est pas un bréviaire, ni un documentaire, mais un livre pour rire du mal et mieux le connaître. Et un livre qui fait le plus grand bien.

Loïc Di Stefano

Evemarie, La Boulonichon, Expé éditions, octobre 2023, 120 pages, 13 euros

NB : 1 euros reversé par BD vendue à l’association de lutte contre le cancer du sein, LISa.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :